Une troisième guerre mondiale est hypothétique, mais pas impensable

Une troisième guerre mondiale est hypothétique, mais il faut y penser
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Une troisième guerre mondiale est hypothétique, mais il faut y penser - © MAHMOUD TAHA - AFP

Une guerre mondiale. C’est le terme qui a été employé par plusieurs médias pour décrire la situation qui se dessine chaque jour un peu plus au Moyen-Orient. Si la situation est fondamentalement différente de ce que nous connaissons des deux grandes guerres, quelques similitudes peuvent être troublantes. Un terrain qui ne cesse de s’étendre, et des politiciens qui ont du mal à prendre clairement position. Des coalitions, qui par un système de dominos ayant comme un goût de 1914, font entrer de nouveaux acteurs dans le conflit ou encore un exode massif des réfugiés, qui lui aussi rappelle ces gens qui ont fuient lors de la seconde Guerre Mondiale.

Dans ce jeu meurtrier auquel jouent les diplomaties, sur fond de soutiens, ou de critiques populaires, il est souvent difficile de comprendre ce qui se déroule à des milliers de kilomètres de chez soi. À l'heure ou de grandes puissances se retrouvent avec des objectifs différents, dans une même zone, qui plus est au bord de l'implosion, la question d'un troisième conflit mondial n'est pas impensable.

Des forces internationales

En août 2014, alors que la guerre en Irak et en Syrie battait son plein, la coalition arabo-occidentale s’est créée. Regroupant une vingtaine de pays, parmi lesquels on retrouve la Belgique, la France, l’Allemagne, les USA, la Jordanie ou encore le Qatar. La coalition avait pour but de stopper l’expansion de l’État islamique, mais aussi la guerre en Syrie. Tous les pays n’ont pas les mêmes cibles, ni les mêmes moyens. L’Allemagne, par exemple, avait mis à disposition 40 instructeurs militaires en Irak, tandis que les États-Unis avaient envoyé plus de 3000 hommes sur place. De la même manière, la Belgique ne prend part qu’aux opérations visant l’Irak, alors que d’autres pays participent à la totalité des opérations, quel que soit le pays.

Quelques mois après, en octobre 2014, plusieurs autres pays sont venus se joindre à la coalition, portant le nombre de pays à 22. En un peu plus d’un an d’existence, on recense presque 5000 frappes (à 90% menées par les États-Unis) sur les positions ennemies. Le résultat a souvent été décrié par l’opposition politique de chacun des gouvernements qui prenaient part aux attaques.

La Russie entre en jeu

La donne a été bouleversée avec l’arrivée de la Russie dans le conflit. Le pays a plusieurs objectifs. Officiellement, son soutien aérien doit servir à combattre Daesch. Mais historiquement proche du régime de Bachar al-Assad et entretenant de bonnes relations avec le pouvoir syrien, de nombreux experts redoutaient que la présence russe sur place ne serve qu’à aider la dynastie Assad à garder la main sur Damas.

Des raids ont été lancés en Syrie par la Russie. Les frappes se sont intensifiées, et de nombreux observateurs ont dit déceler dans le jeu du Kremlin une volonté d’anéantir l’opposition syrienne au régime. Ce vendredi 2 octobre, 6 pays de la coalition ont demandé à la Vladimir Poutine de concentrer ses efforts sur les positions stratégiques de l’Etat islamique et d'arrêter de servir le régime syrien. Avec des objectifs parfois complètement opposés à ceux de la coalition occidentale, beaucoup craignent que le conflit dérape et ne débouche sur un affrontement direct entre troupes russes, qui auraient du soutien dans la région avec l’Iran par exemple, et la coalition arabo-occidentale.

Plus localement ce n’est pas plus simple

Beaucoup ont envisagé ce scénario de nouvelle Guerre Mondiale. Et beaucoup n’ont également pas pu s’empêcher de comparer l’attentat de Sarajevo sur François Ferdinand d’Autriche en 1914, avec ce qui s’est produit dans les eaux territoriales saoudiennes. Les autorités du pays ont mis la main sur un bateau iranien rempli d’armes, qui devait servir aux rebelles outhistes, au Yémen. Ceux-là même que l’Arabie Saoudite combat militairement. Un détail qui pourrait mettre le feu aux poudres, qui plus est après les accusations de Téhéran envers l’Arabie Saoudite, à la suite du drame de La Mecque.

Depuis longtemps, la région est une grenade et les gouvernements, y compris occidentaux, ne cessent de jouer avec la goupille. Le scénario catastrophe qui plongerait alors le monde dans un conflit dévastateur et certainement sans fin, est encore hypothétique. En attendant, loin des coulisses des parlements, sénats et autres G8, la violence est devenue le quotidien de millions de personnes, qui vivent à Damas ou Bagdad, et dans de nombreux autres pays.

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