Une tortue de mer sur mille seulement survit après avoir quitté les côtes grecques

Des bénévoles de l'organisation Archelon en action sur les côtes grecques
Des bénévoles de l'organisation Archelon en action sur les côtes grecques - © Belga Images

Au sud de la Grèce, la baie de Kyparissia attire chaque année des centaines de milliers de touristes. Mais les plages de Kyparissia sont également connues pour ses "Caretta Caretta", les tortues de mer. Rien que cette année, 3700 nids ont été répertoriés. Plus de 3500 en 2018. Les tortues peuvent vivre jusqu’à 80 ans. Pourtant, elles sont en danger de mort dès leur naissance. Prédateurs, tourisme, pêcheurs, réchauffement climatique… : les menaces sont nombreuses.

Un bébé de cinq centimètres

120, c'est le nombre d’œufs qui composent chaque nid. Ces œufs mettent jusqu’à 55 jours avant d’éclore. Or, un sur cinq ne donnera pas la vie à une tortue.

Après son éclosion dans le sable, le bébé tortue de 5 centimètres doit se précipiter vers la mer sans perdre sa route. Quand il arrive à l’eau, il est censé chercher sa nourriture pendant 24 h. Le problème est qu’il doit faire face aux crabes, aux poissons et même aux tortues adultes.

La cohabitation touristique fatale

A Kyparissia, la cohabitation entre les tortues de mer et les touristes est difficile. Les hôtels et restaurants installent leurs longues chaises dans le sable, précisément là où se trouvent les nids de tortues.

La cohabitation pourrait toutefois exister si ces responsables hôteliers trouvaient des alternatives. "On pourrait avoir un bateau avec un fond vitré permettant d’observer les tortues", propose un hôtelier à Kyparissia.

"Hercule" est mort

Une fois qu’elles prennent la mer, il y a une autre menace : les bateaux. En juillet dernier, une tortue mâle nommée Hercule a été retrouvée morte. Elle a eu la colonne vertébrale coupée par une hélice.

"Probablement qu’un bateau l’a blessée", déclare Irini Kassimati, coordinatrice du centre de sauvetage Archelon en soignant une tortue blessée. " Vous pouvez voir ici et là les cicatrices causées par ce bateau. Malheureusement, cette blessure a causé son atrophie musculaire. C’est pour ça que je fais de la kinésithérapie pour sa patte arrière."

L’année dernière, 600 tortues ont été retrouvées mortes sur les côtes grecques.

Le réchauffement climatique, l’enfer des Caretta Caretta

Autre menace : le climat. "Il y a déjà des conséquences dans plusieurs pays. En Australie par exemple, il y a eu davantage de naissances de femelles à cause du réchauffement climatique", note Dimitris Fytilis, océanographe dirigeant dArchelon à Glyfada, en banlieue d’Athènes.

Jour après jour, la reproduction des Caretta Caretta devient plus périlleuse car les bébés tortues mâles ne naissent que si la température du sable est inférieure à 29,3 degrés Celsius. Ce qui est rarement le cas.

Une ONG pour les secourir

Pour protéger ces tortues, il existe une ONG fondée en 1983: Archelon. C’est le nom d’une tortue géante qui a vécu à l’époque des dinosaures il y a 70 millions d’années. Yannis Chalkias et Kira Schirrmacher y travaillent en tant que bénévoles. "Une sage-femme ? Oui, je le suis tous les jours", sourit Kira Schirrmacher en dégageant une coquille.

"De 1994 à aujourd’hui, nous avons traité plus de 1100 tortues marines blessées souvent par des hameçons ou des débris de plastique. Nous sommes heureux d’annoncer que plus de 56% d’entre elles ont été libérées et sont retournées dans leur environnement naturel", déclare Dimitris Fytilis.

"Nous avons la chance d’avoir ces habitats (naturels). C’est un trésor de la nature. Il faut les protéger", conclut Dimitris Fytilis, un tatouage de tortue sur l’avant-bras.

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