Une proche de l'opposant Navalny visée par une enquête criminelle

Une alliée d’Alexeï Navalny était entendue vendredi dans le cadre d’une enquête criminelle, après qu’elle se soit rendue chez un agent présumé des services spéciaux russes que l’opposant accuse d’avoir participé à son empoisonnement.

L’enquête pour "violation de domicile" avec violence ou "menaces" de l’employer vise Lioubov Sobol, qui s’était rendue lundi chez cet homme, que M. Navalny dit avoir piégé au téléphone pour lui faire avouer la tentative d’assassinat, a annoncé sur Twitter Ivan Jdanov, directeur du Fonds de lutte contre la corruption, l’organisation de l’opposant.

Contacté par l’AFP, l’avocat de Mme Sobol, Vladimir Voronine a indiqué que sa cliente était pour l’heure entendue en tant que témoin, mais que son inculpation ne faisait guère de doute. "Il est quasiment certain qu’elle sera mise en accusation aujourd’hui", a-t-il dit.

La peine maximale encourue pour ce délit est de deux ans de prison.

Vidéo de surveillance

La police russe a interpellé vendredi matin Lioubov Sobol à son domicile moscovite, qui a été aussi perquisitionné, et l’a conduit au Comité d’enquête de Russie, puissant organe chargé des principales investigations criminelles.

"Je n’avais jamais été perquisitionnée chez moi. Mais bon, il y a une première fois à tout", a commenté Mme Sobol dans une vidéo tournée dans son appartement et filmant sa porte en train d’être tambourinée.


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Une vidéo de surveillance, à l’extérieur de l’appartement, montre des hommes casqués et cagoulés sur le palier, qui neutralisent ensuite la caméra avec du ruban adhésif.

Alexeï Navalny avait publié lundi une vidéo d’une conversation téléphonique avec un membre présumé du FSB, Konstantin Koudriavtsev, dans laquelle ce dernier, pensant parler à un responsable du renseignement, explique que les services spéciaux russes ont bien empoisonné l’opposant.

Les autorités ont qualifié cette conversation de "falsification", mais n’ont jamais démenti que l’interlocuteur de l’opposant était bien un agent ni que celui-ci était membre de l’équipe chargée de filer l’intéressé.

"A la porte d’un tueur"

Le président russe Vladimir Poutine avait précédemment reconnu que M. Navalny faisait l’objet d’une surveillance, après la publication d’une enquête médiatique nommant huit agents secrets, dont des spécialistes des armes chimiques, qui pendant des années assuraient la filature de l’opposant. Parmi eux, M. Koudriavtsev.

Trois laboratoires européens ont conclu qu’Alexeï Navalny avait été empoisonné par une substance de type Novitchok, un produit neurotoxique développé à des fins militaires à l’époque soviétique.

Avocate de formation et figure montante de l’opposition russe, Mme Sobol, 33 ans, une proche alliée de M. Navalny, s’était rendue lundi dans l’immeuble où l’agent présumé du FSB habitait, selon elle.


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Elle avait aussi diffusé son adresse sur internet et de nombreux journalistes étaient venus alors sur les lieux. La police antiémeute avait été déployée sur place et avait interpellé la jeune femme.

Selon son avocat, la plainte visant Mme Sobol a été déposée par la belle-mère de M. Koudriavtsev, Galina Soubottina.

M. Navalny affirme qu’il a été empoisonné le 20 août sur ordre du Kremlin. La Russie affirme, elle, qu’il n’y a aucune preuve que l’opposant a été la victime d’un crime, malgré son malaise dans un avion en Sibérie, un coma et les résultats de laboratoires européens établissant qu’il avait été empoisonné.

Moscou a, selon les versions, dénoncé un complot occidental, de l’opposant ou mis en cause son hygiène de vie.

Rappelant qu’aucune enquête n’a été ouverte en Russie dans son affaire, Alexeï Navalny a dénoncé les investigations visant Mme Sobol, qui n’a fait que sonner "à la porte d’un tueur".

Archive : JT de 19h30 du 2 septembre 2020

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