Prise d'otages dans le sud de la France: ce que l'on sait

Deux attaques et une prise d'otages, perpétrées par le même individu, ont eu lieu ce vendredi dans le département de l'Aude, dans le sud de la France, à Carcassonne et à Trèbes.

L'essentiel des événements :



Un parcours meurtrier

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a expliqué lors d'une conférence de presse que "l'assaillant" avait d'abord braqué une voiture à Carcassonne, tuant son chauffeur et blessant son passager; avant de croiser une patrouille de CRS qu'il a tenté d'écraser avant de tirer en leur direction. L'homme est ensuite rentré dans le supermarché Super U à Trèbes où il a directement tiré sur les personnes présentes, faisant deux morts. L'individu a donc fait trois victimes : deux personnes décédées dans le supermarché et le conducteur de la voiture. En début de soirée, le président français a précisé que l'attaque avait fait 16 blessés, dont deux dans un état grave.

La gendarmerie qui est intervenue rapidement a réussi à faire évacuer presque la totalité des personnes restantes. Son lieutenant-colonel s'est alors "volontairement substitué à l'otage que le terroriste tenait pour se protéger. Le lieutenant colonel avait laissé son téléphone ouvert sur la table et donc ils ont pu entendre un moment donné ce qu'il s'était passé. Et c'est lorsque l'on a entendu les coups de feu que le GIGN est intervenu". Son état, en début de soirée, était préoccupant.

Le ministre français de l'Intérieur a d'ailleurs "salué le courage du lieutenant-colonel qui est gravement blessé". C'est "un acte d'héroïsme comme en sont coutumiers les gendarmes, les policiers, qui s'engagent au service de la nation pour protéger nos concitoyens".

Karim, 55 ans, travaille à une centaine de mètres du Super U. "J’ai entendu des coups de feu, il y a une demi-heure, environ (vers 11h10). A ce moment, il n’y avait que quelques gendarmes, mais maintenant, il y a au moins 200 ou 300 gendarmes. Il y a des gendarmes à côté de moi, on va bientôt être évacués. Tout le quartier est bouclé", racontait-t-il à France Info avant que le GIGN ne donne l'assaut.

Voilà comment un client du supermarché U a donné l'alerte aux gendarmes

Christian Guibbert a emmené son véhicule au garage pour des réparations. En attendant l'entretien de sa voiture, il est allé faire des courses avec son épouse et sa belle-sœur du supermarché Super U à Trèbes. Il raconte à l'AP ce qu'il a vu: "On...

Le preneur d'otages se revendique de l'Etat islamique

Le parquet a affirmé que le preneur d'otages s'est revendiqué de l'Etat Islamique. La justice antiterroriste a été saisie, précise encore le parquet. Le preneur d'otages aurait réclamé la libération de Salah Abdeslam, le dernier survivant des commandos des attentats de Paris, selon les forces de l'ordre, citées par Franceinfo.

"Un homme a crié et a tiré des coups de feu à plusieurs reprises. J'ai vu une porte de frigo, j'ai demandé aux gens de venir se mettre à l'abri. Nous étions dix et nous sommes restés une heure. Il y a eu encore des coups de feu et on est sorti par la porte de secours derrière. (...) Il a crié 'Allah je ne sais pas quoi', je ne l'ai pas vu", a expliqué un témoin à Franceinfo.

L'assaillant s'appelle Redouane Lakdim et était connu des services de police. Il venait de Carcassonne et "était connu pour deal de stupéfiants", a expliqué Gérard Collomb et rien ne laissait présager qu'il allait se radicaliser. "Il a agi seul", a-t-il précisé. "Nous en saurons plus au fur et à mesure de l'enquête".

Cet homme né en 1992 était suivi par la DGSI, explique une autre source proche de l'enquête citée par Le Parisien. Toujours selon cette source, il était très actif sur les réseaux sociaux salafistes et était soupçonné d’avoir effectué un voyage en Syrie. En milieu d'après-midi, l'Etat Islamique aurait revendiqué l'attentat. "L'homme qui a mené l'attaque de Trèbes dans le sud de la France est un soldat de l'Etat islamique, qui a agi en réponse à l'appel de l'organisation à viser les pays membres de la coalition internationale anti-EI", selon un communiqué d'Amaq, l'agence de propagande de l'EI.

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