Une "nouvelle histoire", "un premier pas important" : les réactions suite au sommet Trump/Kim

 Une "nouvelle histoire", "un premier pas important" : les réactions suite au sommet Trump/Kim
Une "nouvelle histoire", "un premier pas important" : les réactions suite au sommet Trump/Kim - © ANTHONY WALLACE - AFP

La rencontre entre Donald Trump et Kim Jong-Un a suscité mardi dans le monde des réactions positives mais souvent prudentes.

"Le début d'une nouvelle histoire" pour la Chine

La Chine, principale alliée de la Corée du Nord, a salué mardi le sommet de Singapour entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, tout en appelant à nouveau à une "dénucléarisation totale" de son voisin. 

"Aujourd'hui, le fait que les plus hauts dirigeants des deux pays soient assis côte à côte pour des pourparlers d'égal à égal a un sens important et constitue le début d'une nouvelle histoire", a déclaré devant la presse le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi.

"La Chine s'en félicite et apporte son soutien", a ajouté le ministre, interrogé pour savoir si Pékin était marginalisé par le rapprochement entre Washington et Pyongyang. "Il s'agit d'un objectif que nous avons espéré et pour lequel nous avons travaillé".

Wang Yi s'exprimait avant les déclarations faites par Donald Trump et Kim Jong-Un à l'issue de leur matinée d'entretiens à Singapour. Le président américain a assuré à cette occasion que la dénucléarisation allait commencer "très rapidement".

A Pékin, Wang Yi a plaidé pour une "dénucléarisation totale", ainsi que le réclament les Etats-Unis.

"En même temps, il faut qu'il y ait un processus de paix pour la péninsule (coréenne) afin de résoudre les préoccupations raisonnables de la Corée du Nord en matière de sécurité", a souligné le ministre chinois.

"Nul ne peut douter du rôle important et tout à fait unique que la Chine a joué. Et ce rôle va se poursuivre", a-t-il promis.

La Chine a appliqué ces dernières années les sanctions internationales pour convaincre son allié d'abandonner son programme nucléaire, provoquant la colère de Pyongyang. Mais les deux pays se sont rapprochés récemment, Kim Jong Un effectuant deux visites en Chine depuis le début de l'année, ses premiers voyages à l'étranger depuis son arrivée au pouvoir en 2011.

Le Premier ministre japonais salue "un premier pas"

"A travers ce sommet USA-Corée du Nord, l'intention du président Kim Jong Un de voir une dénucléarisation complète de la péninsule coréenne a été confirmée par écrit. Je soutiens ce premier pas vers une résolution d'ensemble des questions concernant la Corée du Nord", a déclaré Shinzo Abe à Tokyo devant la presse.

Le premier ministre japonais a annoncé qu'il collaborerait avec la Corée du Nord afin de résoudre l'épineuse affaire des enlèvements de ressortissants japonais orchestrés par le voisin nord-coréen dans les années 1970 et 1980.

"Je suis certain que le Japon devra faire face directement à la Corée du Nord et résoudre (le problème des enlèvements) bilatéralement", a fait savoir Shinzo Abe après que le président américain a affirmé avoir abordé la problématique lors de sa rencontre avec le leader nord-coréen Kim Jong-un à Singapour. 

La Corée du Nord a reconnu en 2002 avoir enlevé treize Japonais dans le but de former ses espions à la langue et aux coutumes japonaises, mais le gouvernement japonais en compte officiellement au moins 17. Ils pourraient cependant être bien plus nombreux, la police japonaise comptant 800 disparitions pour lesquelles un enlèvement par Pyongyang ne peut être exclu.

Cette question affecte les relations entre le Japon et la Corée du Nord depuis plusieurs décennies.

Un "important pas en avant" pour la Russie

La rencontre entre le leader nord-coréen Kim Jong-Un et le président américain Donald Trump mardi à Singapour représente un "important pas en avant", a réagi le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Ryabko.

"Nous ne pouvons que saluer cet important pas en avant qui a été entrepris", a fait savoir le diplomate russe.

"Le diable est évidemment dans les détails, mais il est nécessaire de comprendre les détails. Mais une impulsion a été donnée", a souligné Sergei Ryabko.

Cette rencontre est un événement "positif", a considéré pour sa part le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

"Nous avons regardé la télévision, suivi les commentaires qu'ont fait les deux parties. Nous n'avons pas vu les documents, je crois qu'ils ne sont pas encore publiés. Mais le seul fait que cette rencontre a eu lieu est, bien sûr, positif", a déclaré M. Lavrov, cité par l'agence Ria Novosti.

La Russie et la Chine partagent des frontières communes avec la Corée du Nord et soutiennent des relations diplomatiques proches avec Pyongyang.

Pour la Corée du Sud, l'accord met "fin à la Guerre froide"

Le président sud-coréen Moon Jae-in a salué mardi l'accord de Singapour comme un "évènement historique ayant mis fin à la Guerre froide".

"L'accord de Santosa du 12 juin restera dans l'Histoire mondiale comme un évènement ayant mis fin à la Guerre froide", a déclaré Moon après la rencontre historique entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.

"Une étape capitale et nécessaire" pour l'UE

L'Union européenne a salué le sommet comme une "étape capitale et nécessaire" vers une dénucléarisation de la péninsule coréenne.

"L'objectif ultime, partagé par l'ensemble de la communauté internationale et exprimé par le Conseil de sécurité des Nations unies, demeure la dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible de la péninsule coréenne. La déclaration commune signée aujourd'hui par les dirigeants des États-Unis et de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, nom officiel de la Corée du Nord) indique clairement que cet objectif peut être atteint", s'est félicitée la représentante de la diplomatie européenne Federica Mogherini dans un communiqué.

"Un premier pas mais wait and see", estime Charles Michel

La rencontre entre Donald Trump et le leader nord-coréen Kim Jong-un est un "premier pas", a déclaré le Premier ministre Charles Michel. "Mais 'wait and see'. Je n'ai pas l'intention de tirer de conclusions trop rapidement. Ce qui compte, ce sont les résultats concrets et c'est pourquoi nous attendons davantage d'informations sur le contenu des discussions", a-t-il ajouté.

Le dialogue entre les deux responsables est "une étape positive", a encore estimé le Premier ministre tout en restant prudent. "Ce qui compte pour nous, c'est d'obtenir plus d'informations sur le contenu précis" de ce qui a été négocié. "Entre le titre d'un communiqué de presse ou un tweet et les détails des discussions, il peut y avoir une différence", a-t-il ajouté.

"Un pas significatif", mais ne pas oublier l'Iran

Le document signé par Donald Trump et Kim Jong Un est un "pas significatif", a salué mardi la ministre française des Affaires européennes Nathalie Loiseau, tout en doutant "que tout ait été atteint en quelques heures".

Elle a toutefois regretté le double standard appliqué par Washington, qui a récemment rejeté l'accord sur le nucléaire iranien. L'accord nucléaire conclu avec Téhéran "est respecté par l'Iran", alors que "signer un document avec Kim Jong Un qui est allé jusqu'à obtenir l'arme nucléaire, c'est pratiquement récompenser quelqu'un qui a été à l'encontre de tous les traités internationaux", a-t-elle estimé.

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