Une marche blanche en hommage à Mamoudou Barry, le jeune chercheur Guinéen tué à Rouen

Plus de mille personnes ont participé à une marche blanche cet après-midi dans les rues de Rouen en France. Une marche pour rendre hommage à Mamoudou Barry, un jeune chercheur guinéen violemment agressé et tué le 19 juillet à Canteleu dans la banlieue de Rouen. Une agression qualifiée de raciste par la justice. Le rassemblement a débuté par des prises de parole. Parmi les slogans : "Halte au racisme", "Justice pour le Docteur Mamoudou Barry".

Pour rappel, c’est à un arrêt de bus que l’enseignant en droit de l’université de Rouen a été mortellement agressé par un homme ayant proféré des insultes racistes.

Une tristesse infinie

Mamoudou Barry était aussi un mari et le papa d’une petite fille de 2 ans. Depuis la mort de son mari, son épouse s’est exprimée pour la première fois aujourd’hui. A nos confrères de France 3, Fatoumata Barry a raconté les circonstances du drame. Alors qu’elle est dans sa voiture avec son mari, un homme les insulte et fait référence à la finale de la coupe d’Afrique de football qui se joue le soir même. "Il nous a dit, vous les Noirs, vous êtes des fils de putes, des sales Noirs", explique Fatoumata. Homme de dialogue, son mari sort alors de sa voiture et demande une explication. Fatoumata raconte : "il lui a demandé pourquoi il nous insultait gratuitement et la réponse a été les coups qui ont donné la mort". Des sanglots dans la voix, elle ajoute : "comment vais-je expliquer plus tard à ma petite fille que son papa est mort parce qu’il était noir".

Mamoudou Barry venait de fêter la réussite de sa thèse pour laquelle il avait obtenu les félicitations du jury.

L’enquête

Pour l’avocat de la famille, l’acte raciste ne fait aucun doute :" C’est ce que nous continuerons à maintenir jusqu’au bout de l’enquête puisque, lorsque l’on dit à quelqu’un, "ce soir on va vous crever bande de sales noirs", c’est un crime raciste ". Le procureur a lui aussi retenu le motif raciste, évoquant des "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l’appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée de la victime à une ethnie ou une nation, une prétendue race ou religion déterminée ".

Un motif raciste nié par l’avocat du père du suspect, un jeune homme né d’un père turc et d’une mère française. Un jeune homme placé sous curatelle, qui avait déjà été hospitalisé en psychiatrie et dont la garde à vue a été interrompue pour raison médicale.

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