Gilets jaunes: une femme tuée, une centaine de blessés, 282.000 manifestants en France

Les "gilets jaunes" se rassemblaient samedi matin à travers le pays pour tenter de bloquer routes et points stratégiques lors d'une "mobilisation générale" citoyenne inédite contre la hausse des prix des carburants.

Le mouvement des "gilets jaunes" a donné lieu à plus de 2000 rassemblements à travers la France, avec quelque 282.000 manifestants, et plus de 106 blessés dont 5 gravement a déclaré samedi en fin d'après-midi le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. Le ministre a également annoncé 117 interpellations et 73 gardes à vue. 

Une manifestante est décédée samedi matin en Savoie sur un barrage organisé par les "gilets jaunes" et non déclaré après avoir été heurtée par une voiture dont la conductrice a été prise de panique, a-t-il ajouté.

La conductrice qui emmenait sa fille chez le médecin a été prise de panique quand les manifestants se sont mis à taper sur sa voiture et a foncé sur eux, percutant une femme, a précisé le ministre. En état de choc, elle a été placée en garde à vue.

"On m'indique aussi à Sélestat (Bas-Rhin) un accident avec des conséquences graves mais la victime n'est pas décédée", a ajouté le ministre, à l'issue d'une réunion en visioconférence avec tous les préfets.

"Notre niveau d'inquiétude est maximum", a déclaré Christophe Castaner qui a demandé aux manifestants "de prendre toutes les dispositions de prévention et de sécurité". "Le droit à manifester est essentiel dans ce pays, il faut le protéger, mais il faut aussi faire en sorte que l'organisation minimale de la manifestation évite ce genre de drame".

Violent incident à Grasse

A Grasse, dans les Alpes-Maritimes, un automobiliste a "tenté de forcer un barrage" sur un rond-point, renversant un policier qui a été "légèrement blessé", a indiqué la préfecture.

L'homme a été interpellé. Le policier "souffre de contusions légères", a précisé la même source.

A Grande-Synthe dans le Nord, deux manifestantes avaient également été blessées légèrement vendredi soir dans des conditions similaires. 
 

Des Champs Élysées jaune fluo

Des manifestants ont pris possession de la célèbre avenue des Champs Élysées à Paris.

Du mouvement à 100 mètres de l'Élysée

Un autre rassemblement tendu a eu lieu à Paris dans le quartier du Palais de l'Elysée, où des forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogène. Plusieurs centaines de manifestants ont navigué pendant plusieurs heures entre les Champs Elysées, la rue du Faubourg Saint-Honoré, où se trouve le Palais de l'Élysée, et les axes alentour. "Macron démission!", a hurlé la foule, à environ 100 mètres du palais présidentiel. Certains ont allumé des fumigènes. Quelques magasins de luxe ont baissé leurs rideaux alors que les forces de l'ordre, protégées par leurs boucliers, ont tiré des gaz lacrymogènes.

Autres incidents dans la région de Nice à Grasse

A Cuers (Var), "un manifestant d'une cinquantaine d'années a été heurté à Cuers (Var) par un automobiliste, sur une manifestation non déclarée au niveau d'un rond-point de supermarché. L'homme a été blessé légèrement. L'auteur présumé a été interpellé", a indiqué la préfecture.

Enfin à Grasse, dans les Alpes-Maritimes, un automobiliste a "tenté de forcer un barrage" sur un rond-point, renversant un policier qui a été "légèrement blessé", selon la préfecture.

L'homme a été interpellé. Le policier "souffre de contusions légères", a précisé la même source.
 

A Hazebrouck (Nord), aux alentours de 08H30, un conducteur "a été bloqué par des manifestants. Il s'est impatienté et a forcé le passage en montant sur le trottoir", a indiqué à l'AFP la préfecture du Nord, confirmant une information de La Voix du Nord.

Deux manifestants ont été légèrement blessés et transportés vers le CHR d'Hazebrouck, a-t-on ajouté de même source.

Le conducteur a été interpellé et conduit au commissariat. 

En début de soirée, un barrage filtrant sur l'E19, non loin du poste frontière d'Hensies, provoquait des embarras de circulation, dans le sens Paris-Bruxelles et le sens Bruxelles-Paris, selon un automobiliste belge contacté par l'agence Belga. La situation est redevenue normale aux alentours de 20h.

Dans la soirée, une portion de l'autoroute A4 a été fermée dans les deux sens de circulation pour une durée indéterminée après des dégradations commises à Sainte-Marie-aux-Chênes (Moselle), a indiqué la préfecture de la Moselle. 

Une manifestante a par ailleurs été renversée et a été "légèrement blessée" par un automobiliste en colère samedi dans la commune de Capendu (Aude), entre Carcassonne et Narbonne, a indiqué à l'AFP la préfecture.

L'automobiliste a été interpellé, selon elle. A Narbonne et Limoux, une personne a été interpellée à la suite d'une altercation entre un automobiliste et un manifestant. Dans le reste du département, "l'ambiance est calme".

Du gaz lacrymogène en Haute-Savoie

Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser des "gilets jaunes" qui bloquaient l'accès au viaduc des Egratz à Passy, en Haute-Savoie. "Entre 80 et 100 véhicules s'étaient rassemblés à partir de 8H00 et ont commencé à bloquer un peu avant 8H30" a précisé la préfecture. Les manifestants ont d'abord laissé passer quelques véhicules. Cela s'est ensuite transformé en blocage. Les CRS ont fait un usage de gaz lacrymogènes. Aucun blessé ne serait à déplorer.

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