Une maison "verte", dans le "bush" sud-africain

Une maison " verte ", dans le "bush" sud-africain
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Une maison " verte ", dans le "bush" sud-africain - © Tous droits réservés

Près de Parys, à 130 km sud de Johannesburg, deux frères, architectes d’origine bruxelloise, viennent d’achever la construction d’un " éco lodge" aux lignes pures, au milieu d’une savane parcourue par des girafes et des impalas, ceinturée par des collines arborées. A l’exception des poutres métalliques, la maison est faite en matériaux naturels (terre, pierres, bois et granit).

"Si dans un siècle, le toit disparaît, elle retournera à la nature, confie Xavier Huyberechts, partenaire de GLH architects" (Johannesburg). Je rêvais d’une ferme en Afrique. Le cadre idyllique des 215 hectares Witklipfontein m’a inspiré cette résidence, très proche de la nature".

Elle est vaste avec son immense séjour de 5 mètres de haut et ses 3 chambres. "Mais elle ne s’impose pas. Quand on arrive par la colline, on ne voit que le toit couvert d’herbes. De l’autre côté, de grandes baies vitrées, le long de la façade dissimulée en partie par des arbres, permettent de vivre en communion avec le paysage et les animaux".

Damien, le frère cadet, a réalisé les travaux avec 10 ouvriers, non qualifiés, originaires du Malawi. "Ils connaissaient certaines techniques, utilisées dans leurs villages. Encore aujourd’hui, la terre est le matériau de construction le plus utilisé au monde, surtout en Afrique et en Inde". La terre provenant de l’excavation des fondations et les pierres ramassées sur place ont servi à bâtir les murs de 50 centimètres d’épaisseur. Certains sont faits d’un mélange de terre et pierres, avec un crépi de terre et paille, comme les maisons construites par les premiers colons afrikaners. D’autres sont en pisé (terre damée) ou briques de terre, fabriquées sur place. Enfin, la technique des "earth bags" (des sacs remplis de terre et empilés en colimaçon) a servi à édifier le "dôme", un salon intime éclairé par un puits de lumière, qui donne l’impression d’être à l’intérieur d’un immense pot en terre.

Ce procédé très facile, imaginé par la Nasa, qui permet à une famille de se construire un habitat à faible coût en un temps record, connait un succès mondial.

Certains murs sont couverts d’un enduit à base de terre et farine. Contrairement aux peintures industrielles, il favorise l’échange d’humidité et contribue ainsi à la régulation thermique. Pas besoin d’air conditionné, ni de chauffage, malgré de fortes amplitudes thermiques de 2O degrés par jour. Le toit et les murs très épais emmagasinent la chaleur pendant la journée en hiver et la restitue le soir. En été, c’est l’inverse : les murs, refroidis par les nuits fraiches, rafraichissent la maison en journée.
 

L’Afrique du sud vient d’introduire des règles concernant l’isolation des bâtiments. "L’habitude était de construire à bas coût, sans isolation, parce que l’électricité était très bon marché, explique Xavier. Mais on est encore loin des règles adoptées en Europe pour lutter contre le réchauffement climatique. J’espère que Witklipfontein va contribuer à une prise de conscience".

Partout en Afrique, le ciment, le béton et la tôle supplantent les matériaux naturels, qui demandent plus de main d’œuvre. Ils sont pourtant moins polluants et mieux adaptées au climat local.

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