Une grève du sexe pour pousser le président togolais à la démission

L'opposition demande la démission du président togolais
L'opposition demande la démission du président togolais - © AFP PHOTO/ EMILE KOUTON

Un collectif togolais d'organisations de la société civile a appelé lundi toutes les femmes du pays à entamer une grève du sexe d'une semaine. Cette action s'inscrit dans le cadre d'une campagne pour forcer le président à démissionner.

Le collectif "Let's Save Togo", qui regroupe seize organisations de la société civile et mouvements d'opposition, considère que l'abstinence sexuelle constitue une arme puissante pour insuffler le changement au Togo, présidé par Faure Gnassingbe depuis 2005.

"Nous demandons à toutes les femmes dont le mari soutient le pouvoir de leur refuser tout rapport sexuel", a expliqué Astou Yabi, une femme de 32 ans. "Les femmes n'ont pas beaucoup de pouvoir au Togo et cette grève est un puissant moyen pour nous exprimer".

Le collectif proteste ainsi contre les récentes réformes électorales, qui devraient permettre au parti de Gnassingbe d'obtenir des sièges supplémentaires lors des élections parlementaires d'octobre.

Ces dernières années, d'autres grèves du sexe ont été entamées avec succès en Afrique. En 2009, les femmes d'hommes politiques kenyans importants avaient utilisé ce moyen pour mettre fin aux luttes de pouvoir. En 2003, l'activiste libérienne Leymah Gbowee avait appelé à la même action pour interrompre une guerre civile longue de 14 ans. Elle a d'ailleurs reçu le prix Nobel de la paix en 2011.

En Belgique, la sénatrice Marleen Temmerman avait appelé les femmes à la grève du sexe en février 2011, tant qu'il n'y aurait pas de gouvernement fédéral. Mais son action ne s'était pas concrétisée.


Belga

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