Trois morts et douze blessés dans le centre de Strasbourg, l'assaillant toujours recherché

Deux morts et onze blessés dans le centre de Strasbourg, l'assaillant toujours recherché
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Deux morts et onze blessés dans le centre de Strasbourg, l'assaillant toujours recherché - © MURIELLE KASPRZAK - AFP

À Strasbourg, "en urgence absolue", au moins trois personnes sont mortes et douze ont été blessées dans le centre-ville. Un tireur présumé est toujours recherché aux alentours de minuit. Il aurait été blessé par des militaires. 

Ce que l'on sait :

  • Vers 20 heures, un individu a ouvert le feu dans le périmètre du marché de Noël de Strasbourg, blessant plusieurs personnes. Il a pénétré sur le site par le pont du Corbeau en se dirigeant vers la rue des Orfèvres, l'une des rues les plus animées du centre-ville.
  • Le tireur aurait été blessé par des militaires de l'opération "Sentinelle" avant de prendre la fuite, selon la police. L'opération Sentinelle, lancée après les attentats survenus en France en 2015, prévoit le déploiement de militaires dans les rues des villes françaises. Selon l'état-major des armées, un soldat de Sentinelle a été blessé légèrement à la main par ricochet d'un tir de l'assaillant.
  • Des échanges de coups de feu ont eu lieu dans un autre quartier de l'hypercentre de Strasbourg, où se serait retranché l'assaillant. Une intervention de police était toujours en cours vers minuit.
  • Le bilan provisoire est de trois morts et douze blessés (6 graves et 6 légers). Les blessés ont été évacués vers le centre hospitalier de Strasbourg.
  • Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a annoncé que le "plan Vigipirate" était accru, il passe à la posture "d'urgence attentat". Cela signifie notamment un contrôle renforcé des frontières françaises.
  • La population a été priée de ne pas sortir de chez elle. Le quartier de Neudorf est toujours bloqué à minuit. Les personnes présentes dans les restaurants et commerces du centre-ville sont confinées et le périmètre bouclé par la police. Pareil pour les personnes présentes au Parlement européen, en session cette semaine, elles sont barricadées à l'intérieur de l'institution. Par ailleurs, le réseau social Facebook vient d'activer le "Safety Check" qui permet d'annoncer à ses proches que l'on est en sécurité.
  • L'auteur présumé des faits est identifié. Il était fiché S. Le suspect, âgé de 29 ans, devait être interpellé mardi matin par les gendarmes dans une enquête de droit commun pour tentative d'homicide, a indiqué une source proche du dossier, à l'AFP. L'homme serait né à Strasbourg. Par ailleurs, contrairement à plusieurs idées reçues sur la "fiche S", cette dernière est d’abord un outil d’alerte pour les forces de l’ordre et non un motif d’enfermement.
  • La section antiterroriste du parquet de Paris a ouvert une enquête pour "assassinats, tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste criminelle", a-t-il précisé.
  • Le président Emmanuel Macron a dépêché sur place le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. 
  • Le traditionnel marché de Noël de Strasbourg avait fait l'objet d'un projet d'attentat en décembre 2000. Il est protégé en permanence par un important dispositif de surveillance. C'est un des plus grands d'Europe. En Allemagne, en décembre 2016, le marché de Noël de Berlin avait été visé par un attentat au camion-bélier revendiqué par le groupe État islamique qui avait fait douze morts.
  • La France a été frappée deux fois cette année au cours d'attaques qui ont fait cinq morts. Le dernier a succombé à une attaque au couteau menée par Khamzat Azimov, assaillant de 20 ans abattu par la police, dans le quartier touristique de l'Opéra, à Paris, le 12 mai 2018. La précédente attaque s'était produite le 23 mars à Carcassonne et à Trèbes (Aude): dans son périple meurtrier, Radouane Lakdim, un délinquant radicalisé de 25 ans, avait volé une voiture à Carcassonne dont il avait abattu le passager et blessé le conducteur par balles. Il avait ensuite tiré sur des policiers devant leur caserne avant d'entrer dans un supermarché à Trèbes où il avait tué un boucher, un client ainsi que le lieutenant-colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame qui s'était offert comme otage à la place d'une femme.

Les témoignages et déclarations :

Le ministère de l'Intérieur a confirmé un "événement grave de sécurité publique". Le compte Twitter du ministère a publié ceci à 21h25 : "La situation est toujours en cours, la priorité est à l'intervention des forces de sécurité et de secours. Ne diffusez pas de fausses informations, suivez les comptes officiels."

Emmanuel Foulon, porte-parole au Parlement européen est enfermé dans un restaurant à côté de la Place Kléber. Il nous dit ceci par téléphone depuis ce restaurant où il est barricadé: 

"On a entendu des coups de feu. Ils venaient de derrière nous, de la place Kléber. On a eu une confirmation de la sécurité du Parlement Européen qui confirme des tirs et plusieurs personnes au sol et invite le personnel du Parlement Européen à rester confiné. Cet ordre nous a été confirmé par la gendarmerie qui est passée devant notre restaurant, mitraillette à la main. Le tireur serait en cavale, ils ratissent le quartier."

"Tout le quartier est bloqué, les restaurants et magasins doivent baisser le rideau."

Le Parlement européen est en session plénière cette semaine à Strasbourg.

Le maire de Strasbourg déclare que ses premières pensées vont aux victimes.

Selon France Info, le CHU de Strasbourg a déclenché le "plan blanc", un dispositif qui met en alerte des hôpitaux et services d’urgence de la région.

Le préfet de la Région Grand-Est appelle également au calme. 

Un journaliste espagnol a filmé ceci: 

Le périmètre est bouclé dans le centre ville de Strasbourg. Ces images nous parviennent de l'AFP.

Le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders a exprimé son soutien à nos amis français.

Le président de la Commission européenne, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker a présenté ses condoléances et insisté sur le fait que "Strasbourg est par excellence une ville symbole de la paix".

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