Une femme de 33 ans, figure du djihadisme français, arrêtée en Syrie

Image provenant du documentaire d'Agnès De Féo "Emilie König vs Ummu Tawwab", producteurs Marc Rozenblum (Sasana Productions), 2016.
Image provenant du documentaire d'Agnès De Féo "Emilie König vs Ummu Tawwab", producteurs Marc Rozenblum (Sasana Productions), 2016. - © Sasana Productions

Elle a joué un rôle important de propagandiste et de recruteuse sur les réseaux sociaux pour le groupe terroriste État islamique (EI) : figure de la mouvance djihadiste française, Emilie König, 33 ans, a été arrêtée par les forces kurdes en Syrie, selon sa mère.

Interrogée par le quotidien Ouest-France, la mère de 70 ans, vivant à Lorient (Bretagne, nord-ouest), assure avoir eu sa fille au téléphone en fin de semaine dernière.

"Repentie", d'après sa mère

"Détenue dans un camp kurde, elle a été interrogée et torturée", a-t-elle affirmé, appelant les autorités françaises à la "rapatrier" avec ses enfants. Emilie König se trouverait en compagnie de trois enfants nés en Syrie.

Selon sa mère, elle est désormais "repentie" : "Elle voulait revenir, elle demandait pardon, à sa famille, à ses amis, à son pays. Elle regrettait tous ses propos et assurait vouloir payer sa dette en France".

Emilie König s'était rendue en Syrie dès 2012. En septembre 2014, l'ONU l'avait placée sur sa liste noire des combattants les plus dangereux.

Vidéos de propagande

Convertie à l'islam au contact de son premier mari, d'origine algérienne, emprisonné pour trafic de drogue, Emilie König apprend l'arabe, se fait appeler Samra et tente de distribuer des tracts appelant au djihad. Au printemps 2012, convoquée au tribunal, elle refuse de retirer son niqab et provoque une altercation avec un vigile, qu'elle filme et poste sur YouTube. Dans la foulée, elle laisse ses deux enfants en France et part rejoindre en Syrie son nouveau compagnon, qui sera tué ultérieurement. Si elle ne prend pas part aux combats, Emilie König apparaît souvent dans des vidéos de propagande.

Alors que l'EI est en pleine déroute sur le terrain irako-syrien, une autre figure du djihadisme français a récemment été arrêtée : Thomas Barnouin, 36 ans, tombé à la mi-décembre aux mains des combattants kurdes en Syrie, où il était parti se battre en 2014.

D'après les services de renseignement français, "quelques dizaines" d'adultes français, combattants djihadistes et leurs épouses, se trouvent actuellement dans des camps ou des prisons en Irak ou en Syrie.

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