Une famille ouïghour, chassée de l'ambassade de Belgique: une minorité persécutée

Une famille Ouïghour, chassée de l'ambassade de Belgique à Pékin... Les Ouïghours, une minorité persécutée
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Une famille Ouïghour, chassée de l'ambassade de Belgique à Pékin... Les Ouïghours, une minorité persécutée - © Tous droits réservés

Il y a quelques jours, à Pékin, une jeune mère de famille ouïghour et ses quatre enfants ont été chassés de l’ambassade de Belgique alors qu’elle attendait son visa pour retrouver son mari qui a obtenu l’asile chez nous en 2018. Pourquoi le personnel de l’ambassade a-t-il pris cette décision alors que l’on sait que les Ouïghours font l’objet de persécution en Chine ? La Chine est accusée d’avoir arrêté et interné plusieurs centaines de milliers de Ouïgours dans des "camps de déradicalisation".

Les Ouïghours, une minorité musulmane turcophone

Les Ouïghours vivent dans la province de Xinjiang à l’extrême ouest du pays. Une communauté que Pékin entend mettre au pas car ces dernières années, le Xinjiang a connu plusieurs soulèvements violemment réprimés. Les Ouïghours voulaient dénoncer les discriminations dont ils estiment être victimes. Le pouvoir chinois leur a répondu par la force au nom de la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme religieux. Il est aujourd’hui question de rééducation et de répression. Aucune classe sociale n’y échappe, homme comme femme en sont victimes. Les 11 millions de Ouïghours vivent aujourd’hui sous une surveillance permanente, la peur s’est installée dans les foyers.

Arrestation, emprisonnement, torture…

Au mois de mai dernier, nos confrères de France24 ont consacré un documentaire à la situation des Ouïghours. Témoignages poignants d’hommes et femmes ayant vécu l’enfermement dans l’un de ces camps installés par le régime de Pékin. Il est question de cellule sans fenêtre, de femmes incapables de se coucher faute de place, avec de lourdes chaînes aux pieds. Il y a aussi l’obligation de prêter allégeance au président chinois. Privation de nourriture, punition sont également au programme. L’une des témoins raconte :" les détenus devaient recevoir des piqûres, il ne s’agissait pas de piqûres pour les soigner mais pour prendre le contrôle de leur mental. Ils n’avaient plus aucune force pour se rebeller".

Le gouvernement chinois nie puis reconnaît l’existence de ces camps

Après avoir nié l’existence de ces camps, Pékin diffuse des images de jeunes qui récitent le mandarin, heureux d’être là, reconnaissants au gouvernement chinois de les "avoir sauvés", dans des locaux tout propres. Des mensonges selon les Ouïghours qui parlent au contraire d’arrestation arbitraire. Plusieurs ONG dénoncent également l’existence de ces camps et ces détentions qualifiées d’illégales. La plupart des détenus n’ont jamais été accusés d’avoir commis une infraction, n’ont jamais comparu devant un tribunal, n’ont jamais pu contester les faits qui leur sont reprochés. En 2018, Les Nations Unies parlent aussi des persécutions dont est victime cette minorité mais Pékin rejette tout en bloc. Il y aurait une centaine de ces camps de détention dans le Xinjiang.

Aujourd’hui, aucun gouvernement n’a encore évoqué publiquement la possibilité de sanction internationale contre la Chine, sanction pour dénoncer ce que des Ouïghours de la diaspora qualifient "d’ethnocide".

Archives : Journal télévisé 15/06/2019

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