Une expérience anti-nazie dérape en Autriche: 5 collégiens poursuivis

Extrait du film "La Vague"
Extrait du film "La Vague" - © Youtube

Le parquet autrichien a engagé des poursuites contre cinq collégiens soupçonnés de dérapages à caractère nazi en marge d'un cours précisément destiné à mettre en garde contre les risques d'endoctrinement, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

"Une procédure a été ouverte en lien avec la loi contre les activités nazies", a indiqué à l'AFP le procureur Johann Fuchs, confirmant une information du quotidien Kurier.

Les incidents se sont produits après qu'une enseignante de cet établissement de Zurndorf (est) eut fait étudier en mars à ses élèves le film américain "La Vague" (1981) et le livre publié sous le même nom par l'écrivain Todd Strasser, alias Morton Rhue.

Bande annonce de "La Vague"

Fréquemment utilisées à des fins pédagogiques à travers le monde, ces œuvres s'inspirent d'une véritable expérimentation menée en 1967 en Californie par un professeur d'histoire.

L'enseignant américain, qui souhaitait mettre en lumière le mécanisme de l'endoctrinement nazi, avait délibérément embrigadé ses élèves dans une expérience à caractère fasciste, avant d'être dépassé par l'enthousiasme suscité.

SS et "cochons de juifs"

Mais à Zurndorf, le simple visionnage du film et la lecture du livre ont conduit à des dérapages similaires, selon les premiers éléments de l'enquête.

Durant les pauses, certains élèves de la classe avaient pris l'habitude de se transformer en "SS" tandis que d'autres endossaient le rôle de "cochons de juifs" et finissaient dans une "chambre à gaz", a détaillé Kurier. Le leader présumé, âgé de 15 ans, exigeait qu'on lui adresse le salut nazi "Heil".

Le parquet d'Eisenstadt a précisé avoir ouvert une enquête à l'encontre de dix collégiens, dont cinq sont aujourd'hui poursuivis, les cinq autres n'ayant pas l'âge de responsabilité pénale fixé à 14 ans en Autriche. "Je n'ai pas connaissance d'une autre affaire similaire chez nous", a confié M. Fuchs.

Le leader présumé a assuré pour sa défense que "personne n'avait pris au sérieux" les rituels qui s'étaient instaurés. Il a reconnu avoir fait "'une grosse bêtise", selon Kurier.

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