"Un violeur sur ton chemin": l'hymne chilien féministe devenu mondial

"Un violeur sur ton chemin" ("Un violador en tu camino" en espagnol) est une chanson accompagnée d'une chorégraphie très codifiée et visuelle. Bandeau noir sur les yeux, un foulard autour du cou, les femmes sont alignées et scandent en rythme le même message. "Et ce n'était pas de ma faute, ni de l'endroit où je me trouvais, ni de comment j'étais habillée...le violeur, c'est toi !", lancent-elles, doigt accusateur tendu vers l'avant. 

La chanson et sa chorégraphie sont nées après une enquête sur le viol au Chili et s'inscrivaient dans le cadre d'un spectacle féministe plus large. Mais après l'éruption de protestations sociales au Chili et des informations faisant état d'agressions sexuelles perpétrées par des policiers contre les femmes, le groupe, qui reste discret, a décidé d'avancer sa première.


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Le premier "happening" du collectif "Las Tesis" a eu lieu le 20 novembre dans les rues de Valparaíso, à 120 kilomètres de Santiago, la capitale chilienne. 

Selon les statistiques compilées par le Réseau chilien contre la violence à l'égard des femmes, 42 cas d'abus sexuels sont signalés chaque jour à la police (environ deux par heure). En 2018, seulement 25,7% des cas d'abus sexuels ont donné lieu à des poursuites judiciaires.

"Le patriarcat est un juge, qui nous condamne par le seul fait d'être nées (femmes), et notre châtiment, c'est la violence que tu ne vois pas. C'est le féminicide. L'impunité pour mon assassin. C'est la disparition. C'est le viol", dit encore la chanson.

Un message traduit et repris dans le monde entier quelques jours plus tard, ce qui prouve que les femmes du monde entier sont toujours victimes des mêmes violences genrées.

"Il semble que, mondialement, nous percevons les mêmes sensations sur nos corps et que nous avons les mêmes expériences de vie. Et finalement, tout cela se transforme en un grand chant", explique le collectif "Las Tesis" dans une tribune libre publiée jeudi dans le magazine chilien The Clinic. Le groupe est composé des artistes Sibila Sotomayor et Dafne Valdés, de la créatrice de mode Paula Cometa et de la costumière Lea Caceres, toutes âgées de 31 ans.

En Belgique, les femmes subissent encore de nombreuses violences, qu’elles soient psychologiques, physiques, sexuelles ou institutionnelles. Allant du harcèlement de rue, dont sont victimes 98 % des femmes selon une enquête de Vie féminine de 2018, à sa forme la plus extrême, le féminicide, dont au moins 21 femmes ont été victimes cette année. Selon les statistiques de criminalité diffusées par la police, le nombre de viols déclarés a augmenté entre 2014 et 2018, passant de 3188 à 3416. Cependant, on estime que seuls 10 % des victimes portent plainte, et donc le nombre total de viols est en réalité bien plus important.

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