Un thonier espagnol capturé par des pirates au large de la Somalie

Un thonier espagnol avec 36 marins à son bord a été capturé vendredi par des pirates au large de la Somalie, marquant une reprise des actes de piraterie dans l'océan Indien à la faveur de la fin de la mousson.

L'Alakrana a été intercepté vers 05H30 (03H00 GMT) dans les eaux de l'Océan Indien, à mi-chemin entre la Somalie et les Seychelles, selon l'armateur du navire, Echebastar Fleet, basé à Bermeo (Pays basque espagnol).

"Son capitaine a lancé une alerte par radio: +attaque de pirates+. Il a juste eu le temps de donner sa position. Puis tous les équipements électroniques du navire ont été éteints", a raconté à l'AFP le capitaine d'un autre bateau espagnol dans la zone, interrogé par téléphone depuis Nairobi.

"Le thonier Alakrana (...) a émis un signal de secours en raison d'une attaque de pirates. Depuis cet instant, il a été impossible d'établir le moindre type de contact avec le bateau", a confirmé l'armateur.

Le navire compte 36 membres d'équipage: 16 Espagnols, 4 Ghanéens, 8 Indonésiens, 2 Ivoiriens, 2 Malgaches, trois Sénégalais, un Sécheyllois, a indiqué la compagnie Echebastar Fleet, qui précise s'être mise en contact avec l'ambassade d'Espagne à Nairobi.

L'incident a eu lieu à 2 degré 40 Sud en latitude, et 49 degré Est en longitude, selon la même source. L'Alakrana avait déjà échappé à une attaque de pirates début septembre, selon l'armateur.

Selon la présidence des Seychelles, le bateau a été arraisonné à 400 milles nautiques (720 km) au nord-ouest de l'archipel et avait fait escale deux jours auparavant à Port Victoria.

Un navire de guerre espagnol, la frégate Canarias, qui participe à l'opération européenne Atalante de lutte contre la piraterie, a été immédiatement prévenu et devrait mettre près de 35 heures à se rendre sur la zone de l'attaque, selon l'état-major espagnol à Madrid.

Un avion Orion d'Atalante a observé deux pirates armés de fusils sur le pont du navire, a indiqué l'armée espagnole, tandis que Madrid soulignait sa volonté de "préserver la sécurité des marins".

Selon l'Otan à Lisbonne, "le navire a été observé pour la dernière fois à 400 milles nautiques au nord-ouest des Seychelles, avec des hommes armés à bord et un esquif à ses côtés".

Après un relatif répit pendant l'été --dû à la mousson et ses difficiles conditions de navigation--, cet incident marque la reprise des actes de piraterie au large des côtes de la Somalie.

En début de semaine, la marine américaine avait fait état d'une hausse des attaques dans l'océan Indien et le Golfe d'Aden, comptabilisant au moins quatre tentatives d'abordage depuis le 19 septembre.

Selon l'ONG Ecoterra International, qui suit de près la piraterie somalienne, les pirates ont mené au moins 164 attaques en 2009, 48 d'entre elles ayant conduit à la capture d'un navire.

Quatre navires et une centaine de marins sont actuellement toujours aux mains de pirates somaliens, basés pour la plupart dans la région semi-autonome du Puntland(centre de la Somalie).

Ce nouvel incident touche cette fois l'un des nombreux thoniers, la plupart français et espagnols, qui pêchent dans l'Océan Indien.

"Nous tentons d'établir s'il s'agit d'un cas de pêche illégale", a commenté à ce propos un responsable d'Ecoterra, qui accuse ces bateaux de pratiquer parfois la pêche illégale dans la zone économique exclusive somalienne (200 milles nautiques, 360 km).

"Nous sommes las de ces attaques qui ont lieu en plein milieu de l'océan Indien", a déclaré pour sa part un capitaine d'un thonier espagnol, "demandant une meilleure protection" de Madrid.

Les pêcheurs espagnols réclament depuis plusieurs mois que des militaires espagnols puissent embarquer à bord de leurs navires, comme le font depuis juillet des fusiliers marins français pour protéger leurs collègues français.

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