Un scrutin qui tue: en Indonésie 296 agents électoraux sont morts d'épuisement

Près de 300 assesseurs sont morts lors du dépouillement en Indonésie
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Près de 300 assesseurs sont morts lors du dépouillement en Indonésie - © TIMUR MATAHARI - AFP

C'est la commission électorale qui vient de le confirmer en conférence de presse. Pratiquement 300 agents électoraux sont morts pendant le dépouillement des résultats des élections. Ils sont morts d'épuisement. Les conditions dans lesquelles ils doivent dépouiller les résultats seraient à l'origine de ce qu'il faut bien appeler un carnage. Il fait très chaud en ce moment en Indonésie, au-delà de 30 degrés avec une humidité qui dépasse les 80%. Et les 7 millions de personnes impliquées dans le processus de dépouillement doivent le faire dehors dans la toute grande majorité des cas. "Aujourd'hui nous recevons encore des signalements de personnes sur le terrain en rapport avec ces élections. Des gens meurent, se sentent malades ou ont des accidents de travail", a déclaré Arief Budiman, le président de cette commission.

 

Une participation très importante

Le 17 avril dernier, les Indonésiens ont été voter pour élire leur futur président mais aussi pour des élections législatives. Et les chiffres à eux seuls donnent le vertige. 240 millions d'électeurs, 800.000 bureaux de vote, 600 millions de bulletins dont une toute grande partie est comptée à la main. Mais pas assez de fonctionnaires disponibles. Le gouvernement a donc embauché à la va vite des gens inexpérimentés : chômeurs, retraités, intérimaires... autant de personnes qui n'étaient manifestement pas préparées à subir une aussi grosse pression et une telle charge de travail. Avec les conséquences dramatiques que l'on apprend aujourd'hui. La commission a annoncé qu'elle indemniserait les familles des victimes à hauteur de 2000 euros par personne décédée. Les résultats de ces élections particulièrement meurtrières sont attendus pour le 22 mai prochain.