Un Salvadorien et sa fille se noient en tentant de gagner les Etats-Unis, la photo qui choque

La famille attendait dans un camp de migrants depuis deux mois. Désespérés, les parents et leur petite fille ont tenté de traverser la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis.

Oscar Alberto Martinez avait 25 ans, il était cuisinier au Salvador. Avec son épouse, leur petite fille de 23 mois, Angie Valeria, et un ami, ils avaient fui le Salvador, en proie à une crise économique. 

Depuis deux mois, un visa humanitaire mexicain en poche, la famille attendait dans un camp de migrants, sous des températures atteignant les 45 degrés, un entretien pour leur demande d'asile politique aux Etats-Unis. 

La famille a décidé de prendre un risque pour échapper aux conditions de vie difficiles du camp : traverser illégalement le Rio Grande, cette rivière qui sépare les Etats-Unis du Mexique.

La petite Angie Valeria était accrochée à son papa, qui l'avait enveloppée dans une écharpe, contre lui. La maman était accrochée au dos de leur ami. Des courants violents ont emporté Oscar Alberto et Angie Valeria, sous les yeux de la mère de la petite, retournée sur la rive.

Une nouvelle photo du drame des migrants

Les deux corps ont été retrouvés lundi, près de Matamoros, le long de la rivière de Brownsvillen qui borde le Texas.

Les photographies des cadavres du jeune père et de l'enfant flottant sur le ventre sur la rive mexicaine du fleuve ont fortement choqué l'opinion publique au Salvador.

C’est une photographe travaillant pour " La Jordana ", un journal mexicain, qui a pris la photo. Cette image rappelle une autre photo qui avait bouleversé l’opinion publique et attiré l’attention sur la violence des crises migratoires : celle d’Aylan, un petit garçon syrien de 3 ans, retrouvé mort sur une plage turque en 2015.

La photo a fait le tour du monde et engendré des réactions politiques, au Salvador et aux Etats-Unis.

Les gouvernements mexicain et américain pointés du doigt 

Le gouvernement mexicain est la cible de vives critiques ces derniers jours pour son attitude envers les migrants.

Fin mai, le président américain Donald Trump a menacé d'imposer des droits de douane sur tous les produits mexicains importés aux Etats-Unis si Mexico ne freinait pas la vague de migrants clandestins en provenance d'Amérique centrale. Le 7 juin, les deux pays sont parvenus à un accord: les États-Unis ont donné 45 jours au Mexique pour prendre des mesures.

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