Un projet de rapport du GIEC dévoilé prématurément

Les rives du Lac de la Gruyère (Suisse), de plus en plus souvent asséchées par les modifications climatiques liées au réchauffement..
Les rives du Lac de la Gruyère (Suisse), de plus en plus souvent asséchées par les modifications climatiques liées au réchauffement.. - © Belga/Fabrice Coffrini

Un rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) qui doit être rendu public en 2013 a été publié prématurément sur le web dans une version intermédiaire non finalisée.

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a déploré vendredi la publication sur internet d'un document de travail sur le réchauffement climatique destiné à un rapport prévu pour être diffusé seulement en septembre 2013.

"La diffusion prématurée et non autorisée de ce projet de rapport ('Changement climatique 2013 : les bases de la science physique') peut conduire à la confusion parce que le texte va fatalement changer sur certains points à la lumière des commentaires reçus", souligne le communiqué.

Une fuite regrettable

Pour comprendre ce commentaire, il faut savoir que les procédures pour l'adoption des rapports du GIEC sont très longues et font appel à de nombreuses demandes de vérifications auprès des principaux experts scientifiques mondiaux des diverses disciplines concernées. Le GIEC indique que le rapport en question a été présenté aux experts pendant huit semaines jusqu'à novembre et que 31.422 commentaires ont été reçus, soumis par 800 experts de 26 gouvernements. Ils seront examinés dans une réunion prévue à Hobart en Tasmanie (Australie) du 13 au 19 janvier par le groupe de travail sur le rapport. Ceci explique que la version finale sera très différente de la version intermédiaire qui a fait l'objet d'une fuite. La publication d'un texte non finalisé pourrait faire circuler des informations non confirmées et embrouiller la compréhension par le public des conclusions du GIEC.

Le GIEC a indiqué qu'aucun commentaire ne sera fait sur le texte diffusé sur un site sceptique sur le réchauffement climatique appelé "Stop green suicide" (stop au suicide vert). Depuis, ce site n'est plus accessible. "Il est regrettable qu'une personne parmi les centaines auxquelles ce projet a été soumis ait violé les conditions de cet examen. Chaque page du projet souligne qu'il n'est pas destiné à être cité ou distribué et nous demandons à ce que cela continue à être respecté", conclut le communiqué du GIEC.

Le GIEC conseille les gouvernements

Créé en 1988 par l'ONU, le GIEC a pour mission d’évaluer, sans parti pris et de façon méthodique, claire et objective, les informations d’ordre scientifique, technique et socio-économique qui sont nécessaires pour mieux comprendre les fondements scientifiques des risques liés au changement climatique d’origine humaine. Il doit ainsi permettre de cerner plus précisément les conséquences possibles de ce changement et d'envisager d’éventuelles stratégies d’adaptation et d’atténuation.

Le GIEC ne fait pas de recherches scientifiques sur le climat ou sur quoi que ce soit d'autre. Ses rapports d'évaluation sont principalement fondés sur des publications scientifiques et techniques dont la valeur scientifique est largement reconnue. L’une des principales activités du GIEC consiste à procéder, à intervalles réguliers, à une évaluation de l’état des connaissances relatives au changement climatique. Quatre "rapports d'évaluation" ont déjà été publiés, en 1990, 1995, 2001 et 2007. Le 5e est attendu pour 2014.

Le GIEC contribue ainsi à la mise en œuvre de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), les "conférences climatiques mondiales" ou COP (conference of the parties), dont la plus récente, la 18e, a eu lieu à Doha en novembre 2012. Le GIEC ne participe pas formellement à ces réunions, il n'en est que le conseiller. 

Patrick Bartholomé.

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