"Un pognon de dingue": Emmanuel Macron fâche l'opposition avec une phrase sur les aides sociales

C'est Sibeth Ndiaye, conseillère en communication d'Emmanuel Macron, qui a posté la vidéo sur son compte Twitter. Dans ce clip d'un peu moins de deux minutes (à découvrir ci-dessus), on voit le président de la République française à son bureau à l'Elysée. A la veille d'un discours devant le congrès de la mutualité, il évoque les aides sociales et la politique de santé.

"On met trop de pognon, on déresponsabilise et on est dans le curatif, explique-t-il. Toute notre politique sociale (...) c'est qu'on doit mieux prévenir. Ça nous coûtera moins ensemble. Et on doit mieux responsabiliser tous les acteurs."

Les gens qui naissent pauvres restent pauvres

Emmanuel Macron poursuit : "On met un pognon de dingue dans des minima sociaux. Les gens sont quand même pauvres. On n'en sort pas. Les gens qui naissent pauvres restent pauvres. Ceux qui tombent pauvres, ils restent pauvres. On doit avoir un truc qui permet aux gens de s'en sortir."

Pour Sibeth Ndiaye, cette vidéo est une preuve d'un président "toujours exigeant. Pas encore satisfait du discours qu’il prononcera demain (mercredi, NDLR) au congrès de la Mutualité".

L'opposition dénonce

Cette évocation du "pognon de dingue" consacré aux aides sociales a fait réagir dans les rangs de l'opposition.  "Macron flatte les égoïsmes et surfe sur les clichés, estime Olivier Faure, président du PS. "Un président ne peut pas dire ça", embraye Laurence Sailliet, porte parole des Républicains sur la chaîne BFM TV.

"Monsieur Macron, ce qui coûte un  'pognon de dingue', c ’est vous et vos cadeaux aux ultrariches", estime pour sa part Jean-Luc Mélenchon, chef de file de la France Insoumise.

Un système "trop complexe" et "peu humain"

Emmanuel Macron a annoncé ce mercredi les grandes lignes d'"une révolution" de la protection sociale car "la solution n'est pas de dépenser toujours plus d'argent", lors d'un discours devant le 42e congrès de la Mutualité française à Montpellier.

"Nous vivons dans un pays où la promesse républicaine est souvent déçue car nous avons maintenu les droits formels qui souvent n'existent que sur le papier, c'est ça l'indignation française contemporaine. Pourtant nous consacrons toujours davantage de notre richesse à la protection sociale", a-t-il critiqué dans un discours de plus d'une heure, parfois interrompu de quelques sifflets.

Pour dénoncer un système "trop complexe" et "peu humain", il a pris l'exemple du RSA, soutenant de manière assez brutale que s'il avait augmenté ces dix dernières années de 80%, l'accompagnement de ses bénéficiaires avait baissé dans le même temps de 40% "en termes de dépense". Or, a-t-il argumenté, il faut au contraire renforcer l'"accompagnement vers le travail". Donc "contrôler" et "responsabiliser" ceux qui ont eu le réflexe de "s'installer dans une forme d'exclusion". Accompagnés, "ils aideront la collectivité a dépenser son argent vers les plus vulnérables".

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