Un parti néo-nazi au Parlement grec: "On s'achemine vers des cieux bien gris"

Les Grecs ont voté dimanche pour renouveler leur Parlement
Les Grecs ont voté dimanche pour renouveler leur Parlement - © AFP PHOTO / LOUISA GOULIAMAKI

Un petit parti néo-nazi va entrer au Parlement grec, suite à son résultat aux élections législatives de dimanche. Qu'est-ce que cela signifie ? L'Europe va-t-elle se radicaliser ? Alain Colignon, du Ceges, a répondu à vos questions. Pour lui, l'avenir pourrait bien être obscur.

Les élections législatives en Grèce ont débouché sur la débâcle des deux partis au pouvoir. Le parti de gauche radicale Syriza est, lui, devenu la deuxième force politique en Grèce, tandis que le petit groupuscule d'extrême-droite L'Aube dorée fait son entrée au Parlement.

Que signifie ce vote ? L'Europe est-elle en train de se radicaliser ? Y-a-t-il danger ?

Pour Alain Colignon, du Centre d'études et de documentation guerre et société contemporaines (Ceges), qui a notamment travaillé sur la radicalité en politique (extrême-gauche et-droite), "on n’est plus dans un monde de rêves, du moment qu’on n’est pas dans un monde de cauchemar… On est dans un monde réel qui est en train de s’acheminer vers des cieux bien gris…"

Pour lui, ce qui se passe en Grèce pourrait bien être comparé à la situation de l'Allemagne des années 30. "La Grèce se trouve dans une situation socio-économique de l'Allemagne des années trente (défaite militaire en moins, quand même) : crise économique très intense, pulvérisation des classes moyennes et désespoir des classes populaires, qui n'ont plus 'rien à perdre'", a-t-il répondu à un internaute, dans le chat à relire ci-dessous.

Mais il relativise: "La situation grecque est quand même très spécifique : mal gouvernance généralisée et corruption des 'élites' politico-économiques depuis des décennies. La Grèce 'pèse' relativement peu au niveau de l'Union européenne. Si l'Espagne craque, ce sera plus grave, et on va peut-être assister à l'écroulement d'un jeu de dominos dont personne ne sait où il s'arrêtera. Bref, c'est maintenant que l'Europe doit intervenir, sinon..."

Pour lui, l'Union européenne reste utile mais doit se réformer. "On peut regretter le mode de fonctionnement de l'Union européenne tel qu'il est, mais le repli sur soi, je le crains, ne ferait qu'exacerber les nationalismes, qui ne demandent que cela pour se déchaîner. De toute façon, si rien ne change 'en haut lieu', je crains le pire pour les 2-3 prochaines années".

 

J.C.

 

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