Sous-marin mystère: un parfum de guerre froide dans la mer Baltique

Un parfum de guerre froide dans la mer Baltique
Un parfum de guerre froide dans la mer Baltique - © JANEK SKARZYNSKI - BELGAIMAGE

Depuis vendredi, la Suède a mis en place un important dispositif pour localiser un sous-marin étranger qui serait entré dans ses eaux. Mais le mystère plane car les renseignements sont très peu précis. Le Premier ministre suédois Stefan Löfven a affirmé lundi que le mystère autour de l'"activité sous-marine étrangère" dans l'archipel de Stockholm n'avait pas été résolu et que la Défense continuait ses recherches.

L'armée suédoise n'était pas très prolixe au début de l'affaire. Ses 200 hommes, ses bateaux furtifs, ses dragueurs de mines, ses hélicoptères recherchaient une présence sous-marine étrangère.

Une information pour le moins floue. Floue comme l'image présentée dimanche. Sur ce cliché pris par un plongeur, apparaît ce qui semble être un engin entouré d'ondulations blanches.

Dimanche, l'armée a davantage parlé. La présence sous-marine pourrait être un sous-marin ou un petit sous-marin. Ou alors des plongeurs qui utilisent une sorte de petit véhicule sous-marin.

Mais certains observateurs suivis par la presse évoquent la présence d'un sous-marin russe qui serait en difficulté. Comme preuve, ils avancent l'interception d'un message radio en russe lancé sur une fréquence d'urgence.

Le quotidien Svenska Dagbladet poursuit en parlant d'autres messages radio cryptés. Des messages entre un point dans l'archipel de Stockholm et l'enclave russe de Kaliningrad.

La Russie dément toute situation d'urgence et toute présence navale dans cette région. "Nous recommandons (aux autorités suédoises, NDLR) de demander des renseignements au commandement des forces navales des Pays-Bas", a déclaré cette source, alors que des spéculations suggérant que le sous-marin en question serait russe vont bon train dans la presse suédoise. "C'est un sous-marin à propulsion diesel-électrique néerlandais Bruinvis qui effectuait la semaine dernière" des exercices, "y compris des retours d'urgence à la surface, à proximité immédiate de Stockholm", a affirmé lundi une source au sein du ministère russe de la Défense cité par l'agence Interfax.

Les Pays-Bas démentent cependant toute implication. "Le sous-marin néerlandais n'est pas impliqué et nous ne sommes pas impliqués dans les opérations de recherche" menées par l'armée suédoise, a déclaré la porte-parole du ministère néerlandais de la Défense, Marnoes Visser. "Nous avons participé à un exercice avec la Suède et plusieurs bâtiments, mais il s'est terminé mardi, la semaine dernière", a ajouté la porte-parole, précisant que le sous-marin Bruinvis s'était rendu ensuite à Tallin où il se trouvait ce week-end.

Ce qui inquiète aussi les autorités suédoises, c'est la présence au large de Stockholm d'un pétrolier sous pavillon libérien mais qui appartient à une société russe. Un bâtiment présent depuis cinq jours et qui mis le cap à l'Est dès l'annonce des recherches.

Ce lundi, la Suède cherche toujours

"Une opération de renseignement est en cours. La Défense a reçu trois observations, deux vendredi et une dimanche, et se renseigne pour savoir de quoi il s'agit", a indiqué M. Löfven lors d'une conférence de presse à Helsinki, à l'issue d'une rencontre avec son homologue finlandais.

"Ce n'est pas une chasse au sous-marin", a souligné le chef du gouvernement.

"Nous ne savons pas exactement de quoi il s'agit et on doit d'abord savoir avant tout. (...) Voilà où on en est", a-t-il ajouté.

Selon le quotidien Expressen, la zone de recherche de lundi, au sud de la capitale suédoise, a été interdite au trafic aérien.

A Helsinki, M. Löfven a indiqué que le nombre d'exercices militaires dans la mer Baltique avait augmenté récemment, à la fois de la part de la Russie mais aussi de l'OTAN. Selon lui, "il n'y a aucune raison d'avoir une inquiétude exagérée".

M. Lagase, avec Belga

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