Algérie: un otage français témoigne, 12 Japonais à la morgue

Lors de la conférence de presse qui s'est tenue à Pagny-sur-Moselle, l'otage français paraissait fortement marqué par son exprience dramatique.
Lors de la conférence de presse qui s'est tenue à Pagny-sur-Moselle, l'otage français paraissait fortement marqué par son exprience dramatique. - © Belga/Jean-Christophe Verhaegen

Tandis qu'Alexandre Berceaux, l'un des otages français libérés samedi par l'armée algérienne, témoignait lors d'une conférence de presse, les corps de douze Japonais ont été déposés à la morgue, selon une source hospitalière.

Alexandre Berceaux est l'un des otages français libérés samedi par l'armée algérienne lors de l'assaut du site gazier d'In Almenas occupé dans le Sahara algérien par un groupe islamiste.

"Je suis content d'être revenu, mais il y a eu beaucoup de pertes. C'était horrible. Tout était difficile, de se cacher, d'entendre des bruits", a-t-il raconté lors d'une conférence de presse organisée à l'occasion de son retour dans l'est de la France. Cet homme de 32 ans employé dans une entreprise de restauration est marqué par son expérience. Il travaillait depuis plus de 12 mois sur le site algérien.

"On a entendu l'alarme retentir et personne ne savait ce qui se passait", se souvient Alexandre Berceaux, qui dit avoir eu le réflexe de se cacher sous son lit, dans un camp proche de la "base-vie" attaquée par les islamistes. L'otage a ainsi passé 40 heures caché sous ce lit.

Alexandre Berceaux explique encore qu'il a caché ses documents d'identité pour ne pas révéler qui il était. De sa cachette, il entendait régulièrement des tirs, venant probablement des preneurs d'otages. "Ils n'étaient pas loin, à quelques mètres", a-t-il ajouté.

Ravitaillé par ses collègues algériens

"Tout le monde était en danger, pas seulement les Occidentaux. Ça tirait de partout et ça venait de n'importe où", a insisté Alexandre Berceaux, estimant que ses collègues algériens avaient pris "des risques énormes" pour le ravitailler : "On m'amenait de la nourriture, mais je ne pouvais pas la manger, je ne savais pas combien de temps j'allais rester là". Ses collègues avaient le droit de circuler dans le camp, mais les terroristes recherchaient les Occidentaux.

17 Japonais travaillaient sur le site

"Douze des cadavres qui ont été déposés à la morgue sont des Japonais", a déclaré à l'AFP une source source hospitalière à In Aménas, la ville proche du complexe gazier. Interrogée sur les nationalités des autres victimes de cette attaque, cette source a indiqué que "pour le reste, nous sommes en train de vérifier".

Avant le regroupement de ce corps, le Japon était toujours sans nouvelles de 10 de ses ressortissants, salariés en Algérie de l'entreprise japonaise JGC pour laquelle oeuvraient 17 Nippons sur le site gazier. Deux ex-otages algériens, dont un employé de JGC, ont déclaré sur place que neuf Japonais avaient été exécutés dès mercredi par les islamistes.

Annonce d'un nouveau bilan

Un nouveau bilan devrait être annoncé lundi à 14H30 GMT lors d'une conférence de presse du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, à Alger, selon les autorités. "Une information judiciaire a été ouverte", a précisé le Parquet général auprès de la Cour d'Alger dans un communiqué cité par l'agence de presse algérienne APS.

Patrick Bartholomé, avec Reuters et Belga

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