Un opposant Rwandais vivant en Belgique, accusé de "crimes génocidaires", dénonce un dossier "fabriqué"

Le génocide fera 800.000 morts selon l’ONU.
Le génocide fera 800.000 morts selon l’ONU. - © YASUYOSHI CHIBA - AFP

Les autorités rwandaises ont mis en cause un opposant vivant en Belgique, Marcel Sebatware, l’accusant d’être un "génocidaire sous l’habit politique", ce qu’il a récusé ce jeudi par le biais de son avocat en affirmant qu’il s’agissait d’accusations "fabriquées".

L’ambassade du Rwanda en Belgique a relayé un communiqué de la Commission nationale de Lutte contre le génocide (CNLG) accusant Sebatware d’être "un génocidaire notoire", "jugé et reconnu coupable de génocide au Rwanda par les juridictions Gacaca (les tribunaux populaires qui ont jugé près de deux millions de personnes après le génocide de 1994 qui a fait au moins 800.000 morts, ndlr) ce qui fait de lui un criminel en fuite".

La CNLG lui reproche également de faire "partie des extrémistes qui se cachent derrière des actions politiques pour masquer son rôle criminel dans le génocide commis contre les Tutsi".


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"Il fait partie des membres fondateurs d’un groupe radical FDU-Inkingi en Belgique, dont la présidente Victoire Ingabire Umuhoza (qui a fondé un nouveau parti en novembre dernier) a été condamnée au Rwanda pour négationnisme et incitation à la haine. Marcel Sebatware est également l’un des meneurs de groupuscules terroristes regroupés au sein d’une organisation appelé P5 qui poursuit des objectifs génocidaires et négationnistes", ajoute le communiqué.

Des accusations fondées sur rien, selon l’avocat

L’avocat gantois de Marcel Sebatware, Me Jean Flamme, a pour sa part récusé ces accusations, les qualifiant de "purement fabriquées" dans un communiqué en anglais adressé à l’agence Belga.

Selon lui, "la soi-disant condamnation par les juridictions Gacaca n’existe pas".

Au contraire, Sebatware a été acquitté par ces juridictions, par décision du 17 septembre 2009, a précisé l’avocat.

Selon Me Flamme, son client a été en 2011 retiré de la liste des "notices rouges" d’Interpol car les informations fournies par la République du Rwanda étaient manifestement fausses.

Les accusations aléatoires de génocide et de terrorisme sont complètement fausses et constituent une "grave calomnie" de la part de l’État rwandais, fondées sur moins que rien, souligne l’avocat.
 

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