Egypte: prestation de serment du nouveau gouvernement reportée à mardi

Des centaines de manifestants égyptiens réclamant un changement radical de politique
Des centaines de manifestants égyptiens réclamant un changement radical de politique - © MOHAMED HOSSAM - AFP

Le remaniement avait été réclamé par les manifestants revenus sur la place Tahrir du Caire pour exiger une accélération des réformes. Les manifestants réclament également la tenue rapide d'un procès d'Hosni Moubarak alors que l'état de santé de l'ancien président suscite des interrogations.

L'investiture d'un gouvernement égyptien profondément remanié, prévue lundi après-midi, a été reportée à mardi, a annoncé la télévision d'État. Ce remaniement du cabinet du Premier ministre Essam Charaf vise à répondre aux critiques sur la lenteur des réformes depuis le renversement du président Hosni Moubarak en février.

Mais il a été jugé insuffisant par les manifestants qui occupent depuis une dizaine de jours l'emblématique place Tahrir au Caire, haut lieu du soulèvement contre l'ancien président.

"Le gouvernement de M. Charaf prêtera serment demain (mardi) afin de permettre de finaliser les négociations", a indiqué la télévision.

Dans le coma?

Par ailleurs, la plus grande confusion règne autour de l'état de santé d'Hosni Moubarak. Le président égyptien déchu, hospitalisé à Charm el-Cheikh, serait dans le coma. C'est ce qu'a annoncé, dimanche, la télévision d'État citant son avocat.

Le directeur de l'hôpital a rapidement démenti cette information, sur la même télévision d'État. D'après lui, il y a une certaine détérioration de son état de santé, mais il n'est pas question de coma.

Personne n'a vu Hosni Moubarak, depuis son départ précipité du pouvoir, le 11 février dernier. L'ex-président se trouve dans la station de Charm el-Cheikh, au bord de la Mer Rouge, où il dispose d'une résidence depuis son renversement. Il a été admis à l'hôpital, en avril, à la suite d'un malaise cardiaque. Il y séjourne en état de détention préventive.

Le procès du président déchu doit s'ouvrir le 3 août, à  Charm el-Cheikh. Hosni Moubarak est accusé de corruption, ainsi que de la mort de manifestants au cours du soulèvement contre son régime, en janvier et février. Ces événements ont fait près de 850 morts. Ses deux fils, en détention préventive au Caire, font face aux mêmes accusations. Leur procès doit s'ouvrir à la même date.

Les manifestants, qui occupent la place Tahrir au Caire, accusent le nouveau pouvoir de complaisance. Selon la presse égyptienne, Hosni Moubarak dément en bloc les accusations portées contre lui.

Nicolas Willems

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