Un Noël particulier pour les derniers chrétiens de Bagdad

Les Chrétiens de Bagdad célèbrent Noël dans un contexte particulièrement tendu.
Les Chrétiens de Bagdad célèbrent Noël dans un contexte particulièrement tendu. - © EPA/Mohamed Messara

À Bagdad aussi, les chrétiens d'Irak célébraient Noël ce samedi soir dans un contexte plus que tendu. Le pays a été secoué jeudi dernier par de nouveaux attentats qui ont fait plus de 70 morts à Badgad. Dans la cathédrale Saint-Joseph des Latins de Bagdad, la messe de minuit a pourtant bien eu lieu. Dans une église à moitié vide.

Pas d'arbre de Noël à l'extérieur. Il faut passer un barrage de police avant de pouvoir atteindre la rue de l'église. Un garde vérifie votre coffre de voiture. À l'intérieur, l'assemblée est très clairsemée.

Après la messe, les fidèles se souhaitent "Joyeux Noël". Parmi eux, beaucoup de personnes agées. Leurs enfants ont tous émigré.

"Malheureusement, beaucoup de Chrétiens partent, quittent le pays", explique un fidèle. "En Irak, nous avons nos racines, notre histoire, c'est dur de partir. Mais la situation est mauvaise en générale."

Hani a la trentaine. Et refuse de quitter l'Irak. "C'est mon pays", lance-t-il. Avant d'ajouter qu'il n'y a pas d'avenir. "Le problème, ce n'est pas le départ des Américains, le problème c'est la politique irakienne et les partis islamistes."

L'archévêque Jean Sleiman a parle de courage et d espoir dans son homélie. "Il y a la peur après les bombardements de jeudi. Jeudi, on a eu quelque 70 morts. Il y a aussi les départs. Beaucoup sont partis. Vous savez, dans cette cathédrale, il n'y avait pas assez de places pour les gens. On a installé des écrans géants pour que tous puissent suivre les cérémonies. Tout cela s'est évaporé parce que la plupart des gens qui habitaient ce quartier sont partis."

Il y aurait encore 350 000 Chrétiens actuellement en Irak contre un million en 2003.

PIAB, avec Angelique Ferat
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