Un navire avec 230 migrants bloqué en Méditerranée à la veille du mini-sommet de crise

Des migrants à bord du Lifeline le 21 juin 2018 après avoir été secourus au large de la Libye par le navire de l'ONG allemande. Photo fournie par l'ONG le 22 juin 2018. AFP PHOTO / MISSION LIFELINE
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Des migrants à bord du Lifeline le 21 juin 2018 après avoir été secourus au large de la Libye par le navire de l'ONG allemande. Photo fournie par l'ONG le 22 juin 2018. AFP PHOTO / MISSION LIFELINE - © Hermine POSCHMANN

Le Lifeline, un navire humanitaire menacé de mise sous séquestre par l'Italie, attendait samedi dans les eaux internationales une solution diplomatique et un approvisionnement pour les 230 migrants à bord, à la veille d'un mini-sommet européen consacré à la crise migratoire.

Après l'odyssée de l'Aquarius et de ses 629 migrants, à qui Malte et l'Italie ont refusé d'accoster et finalement accueilli par l'Espagne, le Lifeline est en passe de devenir un nouveau symbole du bras de fer entre pays européens sur la prise en charge des migrants secourus en Méditerranée.

"Rejoindre l'Italie, ils peuvent oublier"

Trois semaines après l'entrée en fonction d'un gouvernement populiste qui a promis de mettre fin à l'afflux de migrants, l'Italie a exclu de laisser le navire entrer dans un port italien et a dit vouloir vérifier la correspondance entre le pavillon néerlandais du bateau et sa nationalité.

"Le Lifeline, un navire illégal avec 239 immigrants à bord, est dans les eaux maltaises", a écrit sur Facebook le ministre de l'Intérieur italien et chef de file de la Ligue (extrême droite), Matteo Salvini. "Rejoindre l'Italie, ils peuvent oublier. Je veux en finir avec le business du trafic et la mafia".

"Nous attendons une solution diplomatique, des discussions sont en cours entre différents Etats" pour accueillir le Lifeline et les naufragés, a affirmé à l'AFP Axel Steier, représentant en Allemagne de l'ONG allemande Lifeline à qui appartient le navire.

Il doit y avoir dimanche un ravitaillement depuis Malte "pour apporter des couvertures, des médicaments, de la nourriture", a-t-il ajouté, assurant que le navire resterait dans les eaux internationales en attendant une solution.

"Tout est légal"

Rome accuse l'ONG d'avoir agi en contravention du droit international en prenant à son bord les migrants alors que les garde-côtes libyens étaient en train d’intervenir. Elle a menacé de mettre sous séquestre le navire ainsi qu'un autre bateau, le Seefuchs, affrété par l'ONG allemande Sea-Eye.

M. Steier, qui dit craindre "une situation semblable à celle de l'Aquarius", soutient que "tous (les) documents sont en ordre, tout est légal" et assure ne pas "comprendre" ces accusations.

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a toutefois affirmé vendredi que le Lifeline "n'est pas un navire néerlandais, il ne figure pas dans le registre maritime néerlandais".

"Le Lifeline a enfreint les règles en ignorant les instructions de l'Italie", a de son côté estimé sur Twitter le Premier ministre maltais, Joseph Muscat, conseillant au navire de revenir à "sa destination initiale pour éviter une escalade".

Malte "vient de ravitailler" le navire et l'armée maltaise évacuait un passager pour raison médicale, a-t-il ajouté.

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