Un message géant contre le Brexit inscrit dans un champ par un agriculteur

"Britain now wants to remain", traduisez par "Maintenant, la Grande-Bretagne veut rester." C’est une image forte et un texte fort qui ne sont pas passés inaperçus.

Un agriculteur anglais qui ne semble pas satisfait du nouvel accord trouvé entre Boris Johnson et l’Union européenne a tenu à faire connaître son mécontentement en écrivant cette phrase dans son champ à l’aide de son tracteur sur 25.000 mètres carrés.

Une manière originale pour les anti-Brexit de se faire remarquer.

Tout se joue outre-manche à présent, où le parlement britannique se prononcera samedi sur le "deal" négocié par le Premier ministre Boris Johnson avec les Européens. La journée promet d’être cruciale, voire historique. Les "Members of Parliament" se retrouvent en matinée au Palais de Westminster pour débattre puis se prononcer sur le nouvel accord dégagé par les négociateurs du gouvernement du Premier ministre Boris Johnson et de la Commission européenne en vue du Brexit. L’issue du vote est pour le moins incertaine.


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Les "Tories" du parti conservateur de M. Johnson apparaissent bien isolés, en faveur du texte. Il n’a actuellement plus de majorité dans la Chambre des Communes, fragilisé par la défection d’un député passé chez les libéraux-démocrates ainsi que l’exclusion début septembre de 21 députés modérés, qui avaient eu le malheur de voter avec l’opposition pour empêcher le Premier ministre de se diriger vers une éventuelle sortie sans accord (un "no-deal Brexit").


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Boris Johnson n’est même pas assuré d’avoir le "oui" de tous les Tories. On soupçonne en effet certains députés de la frange la plus dure du parti d’être très attentifs à la position du parti unioniste nord-irlandais (DUP, dix sièges) qui est normalement un allié des conservateurs au parlement. Le DUP, et sa cheffe Arlene Foster, ont été courtisés sans relâche par Boris Johnson dans les heures précédant l’annonce de l’accord avec l’UE, mais apparemment sans succès. Ils ont indiqué jeudi – et répété vendredi – qu’ils ne soutiendraient pas le nouvel accord. Pour eux, le mécanisme de consentement des autorités nord-irlandaises sur la poursuite de l’application de certaines règles de l’UE dans la province britannique, tel qu’imaginé dans la nouvelle mouture du texte est inacceptable. Sans parler de la perspective de règles différentes en matière de TVA et de douanes, pour l’Ulster et le reste du Royaume-Uni.

Reste donc à M. Johnson à espérer compter sur toutes les voix de son propre parti (287 députés conservateurs votants), ainsi que sur celles de "rebelles" de l’opposition travailliste et de quelques indépendants, comme ceux qu’il a lui-même éjectés des rangs Tories il y a moins de deux mois.

Le "deal" doit rassembler 320 votes en sa faveur pour passer, si tous les députés s’expriment.

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