Un maire français sur le "débat national": "On organisera pas, on va mettre à disposition des gilets jaunes"

En France, c'est aujourd'hui que débute le grand débat national. Jusqu'au 15 mars prochain, les maires des communes de France sont appelés à jouer le rôle d'intermédiaire pour faciliter l'expression des citoyens. Certaines communes rurales ont déjà remis les doléances de 5000 communes à Emmanuel Macron, c'est au tour des communes plus importantes. À côté des doléances, les maires ou les citoyens pourront également demander l'organisation de débat, mais les avis sont mitigés et les maires rencontrés ne souhaitent pas prendre l'initiative d'organiser eux-mêmes ces débats.

Ce sera aux gilets jaunes de s'organiser entre eux

A Cousolre, petit village des Hauts-de-France, le maire de cette commune de 2700 habitants Maurice Boisart a reçu lui aussi la lettre du président Emmanuel Macron l'invitant à lancer le "Grand débat national". Pour les citoyens désireux d'organiser des débats, le maire de Cousolre va mettre une grande salle communale à disposition.

Mais pour le maire de Coulsore, pas question d'organiser le débat : "(...) on mettra à disposition et ça sera aux gilets jaunes de s'organiser entre eux si ils ont vraiment envie de le faire. Personne ne pourra les obliger". Pour cet élu, si il y a des personnes qui sont " (...) en capacité d'organiser, des prendre des notes et de sortir des synthèses de toutes ces réunions, c'est la majorité de Monsieur de Macron. C'est pas aux autres de faire son travail". 

Quatre grands thèmes

Le but de ce débat, c'est répondre à des questions sur 4 grands thèmes : la fiscalité et les dépenses publiques, l'organisation de l'Etat et des services publics, la transition écologique, la démocratie et la citoyenneté. Hier, l'ensemble des maires ruraux dont Cousolre, a déjà envoyé les doléances des habitants au président. 

Mais de leur côté, les habitants de la commune de Cousolre émettent quelques doutes sur l'efficacité de ce débat. Pour Michel, "c'est peut-être pas une mauvaise idée mais toutes ces discussions est-ce que ça va servir à quelque chose... C'est ça le problème !". Même son de cloche chez Guy, qui se revendique du mouvement "gilets jaunes": "On nous propose un débat, je vais y participer. Mais je ne me fais pas d'illusions". 

Pour Arnaud Decagny, maire de Maubeuge - également dans la région des Hauts-de-France -, il s'agit avant tout de "faire le lien" en tant que maire. "Moi je veux que mes habitants soient entendus, ils ont des choses à dire, ils le disent, ils l'écrivent et moi je transmet. Voila ce qu'on a permis de réaliser".

Une commission nationale met également a disposition des citoyens un kit pour l'organisation des débats dans les communes. Les français sont invités à remettre leurs doléances jusqu'au 15 mars prochain. 

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