Un juge américain fait rebrousser chemin à un avion transportant des migrantes expulsées

En juin, Jeff Sessions avait annoncé que les États-Unis allaient durcir les procédures de demande d'asile.
En juin, Jeff Sessions avait annoncé que les États-Unis allaient durcir les procédures de demande d'asile. - © CHIP SOMODEVILLA - AFP

Un juge de Washington a ordonné jeudi qu'un avion renvoyant chez elles une mère et sa fille ayant demandé l'asile aux États-Unis rebrousse chemin, et a menacé le ministre américain de la Justice de le poursuivre pour outrage à magistrat, a indiqué une ONG.

Les deux migrantes avaient porté plainte pour contester leur expulsion vers un pays d'Amérique centrale, et une audience consacrée à leur requête s'est tenue jeudi, a expliqué l'ACLU, la puissante organisation de défense des droits civiques, qui a déposé la plainte en leur nom. Selon l'ONG, le juge avait bloqué leur expulsion en attendant d'examiner l'affaire.

Mais "alors que nous étions devant la cour, nous avons appris que le gouvernement avait expulsé une cliente et son jeune enfant à peine quelques heures auparavant, mettant leurs vies en danger", a affirmé l'ACLU dans une série de tweets. "Cela contredit l'engagement du gouvernement devant la cour selon lequel PERSONNE ne serait expulsé avant le lendemain au plus tôt."

"Le juge a ordonné au gouvernement de faire rebrousser chemin à l'avion et de ramener la mère demandeuse d'asile et son enfant aux États-Unis", a-t-elle ajouté. Et "il a dit que si le problème n'était pas résolu, il envisagerait des poursuites pour outrage à magistrat visant pour commencer le ministre de la Justice" Jeff Sessions.

Une décision "inacceptable"

Cité par le Washington Post, le juge Emmet G. Sullivan a qualifié la décision du gouvernement de les expulser de "scandaleuse". "Que quelqu'un qui cherche à obtenir justice aux États-Unis soit expulsé pendant que ses avocats plaident en sa faveur? (...). Je ne suis pas du tout content. C'est inacceptable", a dit le magistrat.

La mère et sa fille font partie d'un groupe de migrants "fuyant les violences conjugales et la brutalité des gangs" en Amérique centrale, ayant déposé plainte mardi avec l'aide de l'ACLU et du Center for Gender and Refugee Studies pour éviter l'expulsion.

En juin, Jeff Sessions avait annoncé que les États-Unis allaient durcir les procédures de demande d'asile afin de limiter le flux d'immigrants originaires d'Amérique centrale. Les allégations de violences conjugales ou de violences de la part de gangs ne seront ainsi plus suffisantes pour déposer une requête aux postes-frontières, avait-il déclaré.

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