Un gouvernement Michel bis, sans majorité: "Je ne dois pas demander la confiance du parlement" dit le Premier

Le Premier ministre belge Charles Michel donne une conférence de presse le 8 décembre 2018 à Bruxelles à l'issue d'un conseil des ministres
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Le Premier ministre belge Charles Michel donne une conférence de presse le 8 décembre 2018 à Bruxelles à l'issue d'un conseil des ministres - © NICOLAS MAETERLINCK

Un gouvernement minoritaire, c'est-à-dire dont les partis qui le composent ne représentent pas ensemble une majorité à la Chambre, pourrait-il tenir jusqu'aux élections fédérales de mai 2019?

C'est en tout cas le pari pris par la "coalition responsable orange bleue", comme l'a présentée le MR, "chargée d'assurer la continuité et la responsabilité", mais qui devra "nécessairement mettre en place des coopérations avec le parlement", comme l'avait déjà annoncé Charles Michel.

Mais si le premier ministre a l'intention d'ouvrir le dialogue, il a été très clair sur le plateau de RTL-Tvi: "d'un point de vue constitutionnel, je ne DOIS pas demander la confiance au parlement dans ces circonstances". 

Le gouvernement "responsable orange-bleue" ne disposera toutefois plus de majorité puisqu'il ne repose plus que sur les sièges du MR, de l'Open Vld et du CD&V à la Chambre, soit 52 sur 150.

"La Constitution indique qu'une majorité au parlement peut demander des élections. Je veux dialoguer avec le parlement. S'il devait y avoir des élections anticipées, si ce devait être le choix de pousser le gouvernement à faire des élections anticipées, voilà une situation qui risquerait bien de bloquer le pays pendant un an. Il est peu probable qu'un gouvernement soit formé avant que les électeurs aient voté quelques mois plus tard au niveau régional et européen", a expliqué M. Michel.

Charles Michel s'attend de toute façon à ce que la N-VA soutienne depuis le parlement les décisions qu'elle avait prises au gouvernement, a-t-il précisé.

Dans Matin Première, le chef de groupe MR à la Chambre David Clarinval avait souligné que le seul problème qui s'est posé avec la N-VA concerne le pacte des migrations. Il précisait qu'il existe toujours des accointances sur les dossiers socio-économiques et il n'imagine pas que la N-VA puisse voter contre le budget.

"Quand on a un gouvernement minoritaire, il  fait ce qu'il veut, c'est extrêmement important, et c'est la grande différence avec un gouvernement en affaires courantes. Nous sommes dans un régime parlementaire, tant que le parlement ne renverse pas le gouvernement il peut se maintenir" expliquait  Mathias El Beroumi, professeur de droit constitutionnel aux universités Saint-Louis dans Matin Première.

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