Un couple d'éleveurs français ruiné à cause des nuisances causées par leurs cochons

Un couple d’éleveurs français ruiné à cause des nuisances causées par leurs cochons
Un couple d’éleveurs français ruiné à cause des nuisances causées par leurs cochons - © DAMIEN MEYER - AFP

La petite ville de Douai, dans le nord de la France, a été le théâtre d’une manifestation rassemblant 200 personnes, hier. Agriculteurs et citoyens se sont réunis afin d’afficher leur soutien à une famille d’éleveurs d’Aniche, condamnée "à payer une amende de 58.700 euros" suite aux "nuisances sonores et olfactives" causées par leurs cochons. "Condamné pour avoir travaillé, pour vous nourrir", pouvait-on ainsi lire sur les pancartes de certains manifestants. Après avoir défilé dans le centre-ville, quelque 115 tracteurs et 180 personnes ont ensuite pris la direction d’Aniche, et l’exploitation des éleveurs concernés.

Pour comprendre comment la situation en est arrivée jusqu’à cette manifestation de soutien, il faut remonter en 2017. Cette année-là, Nathalie et Romaric Delval reprennent l’exploitation familiale, située en zone urbaine, et comprenant une centaine de porcs et bovins, ainsi que 16 hectares de prairies. Ceux-ci avaient notamment pour projet de diversifier leur activité en créant un atelier de vente directe. Mais, c’était sans compter sur cette plainte déposée par le propriétaire du terrain voisin, dénonçant "les nuisances sonores et olfactives causées par les cochons", précise la Fédération régionale des syndicats d’exploitants agricoles dans un communiqué. C’est ainsi qu’en 2017, un juge des référés condamne le couple d’éleveurs à faire cesser les nuisances de leurs porcs dans les 4 mois, en déplaçant la porcherie. L’astreinte est de 200 euros par jour de retard. En appel, cette astreinte est confirmée, et le délai ramené à 3 mois. Ils ont ainsi fait construire une porcherie neuve à quelques kilomètres de leur exploitation, à Emerchicourt.

Jean-Claude Delval, le père, qui a tenu l'exploitation pendant 42 ans, exploitation elle-même créée par son père en 1953, ne comprend pas cette situation. "Nos voisins sont arrivés en 1988. Tout allait bien", a-t-il déclaré à nos confrères du quotidien français,"La Voix du Nord". 

Dernière solution : une collecte pour les aider à payer l’amende

S’ensuit le pourvoi en cassation. En mai 2018, le juge de l’exécution prend acte de la bonne volonté des éleveurs en les condamnant à payer une amende s’élevant à 2500 euros. Cependant, le plaignant décide de faire appel de cette décision, et le 27 septembre 2019, le couperet tombe pour Nathalie et Romaric Delval : le juge les condamne à verser 58.700 euros de pénalité de retard. Les banques leur signifient qu’elles ne leur accorderont aucun prêt. Aujourd’hui, ces deux éleveurs qui ont choisi la vente directe à la ferme et se déplacent sur les marchés pour vendre leur produit, ont déjà déboursé 30.000 euros en frais de procédure, auxquels il faut ajouter les 100.000 euros qu’ils ont déboursés pour construire une porcherie neuve. Ne sachant plus vers qui se tourner, le couple a ouvert une cagnotte en ligne. Il leur reste deux semaines pour récolter les 54.466 euros restants.

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