Un arbre invasif pour protéger des éboulements en Suisse?

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Photo d'illustration - © CC0

L'ailante est un des végétaux les plus invasifs en Suisse. Importé au XVIIIe siècle pour sa vertu décorative, il est désormais impossible de s'en débarrasser définitivement. Les chercheurs ont donc changé leur fusil d'épaule, et choisi de tirer profit de cet arbre asiatique : ils testent désormais sa résistance aux éboulements, histoire de lutter contre les glissements de terrain, de plus en plus fréquents avec le réchauffement de la planète.

L'ailante, on le retrouve "au Valais, au canton de Berne, aussi en Suisse romande, partout" explique Marco Conedera, ingénieur forestier pour l’Institut fédéral de recherches sur la forêt et la neige à Cadenazzo. "On a bien essayé de l'éliminer, mais le résultat est toute cette panoplie de rejets de racines. On pense en enlever un, et on en a 100. On ne peut pas imaginer de venir avec la tronçonneuse, éliminer les arbres qu’on a et le problème est résolu. Le problème est multiplié. Ici, c’était un vieux vignoble. Le propriétaire a eu l’idée d’enlever les châtaignes pour faire du pâturage. Le résultat : de l’ailante pur."

Suite à une étude sur les fonctions de l'ailante dans les forêts, les scientifiques se sont rendu compte que l'arbre avait une résistance exceptionnelle. "On a fait, dans le cadre du projet du fonds national avec l’université de Zollikofen à Berne et des collègues français, des tests dans lesquels on a jeté des pierres avec des tubes sur les arbres, et on a testé leur déplacement et leur résistance. C’est une boule de granit de 40 centimètres de diamètre, elle fait environ 60 kg et elle peut atteindre jusqu’à 60 km/heure lorsqu’elle tape sur l’arbre."

"Je suis assez émerveillé de voir comment l’ailante a très bien résisté aux coups avec ces pierres de granit lancées. Une résistance remarquable" s'exclame Boris Pezzatti, du groupe Écosystèmes insubriens du WSL, qui a analysé les résultats de l'expérience. "Il y a comme une flexion de l’arbre qui absorbe l’énergie du rocher de granit et en même temps, c’est comme si le terrain se soulevait légèrement pour absorber cet impact."

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