Un an après le tremblement de terre en Italie, "ils n'ont pas retiré une seule pierre"

Le 24 août 2016, la terre tremblait dans le centre de l’Italie. Un séisme d’une intensité de 6.0 sur l’échelle de Richter a causé la mort de 299 personnes, tandis que 388 ont été blessés. Des dizaines de villages et leur patrimoine culturel ont été détruits. Un an plus tard, nous sommes retournés sur place.

Malgré l’interdiction formelle des pompiers, de temps en temps, Franco et Pasquale ne résistent pas. Ils se promènent dans les rues de Sommati, leur village fantôme. Depuis un an, ces deux octogénaires ressassent sans arrêt les mêmes souvenirs. Pasquale évoque sa maison, "un bel immeuble, un palais. Elle était grande avec ses 330 mètres carrés et ses trois étages".

Un an plus tard, rien n'a changé. "Ils n’ont pas retiré une seule pierre. S'ils avaient laissé l’armée ici, je pense que les militaires auraient déjà tout enlevé", poursuit Pasquale.

En payant des sociétés privées qui veulent surtout s’enrichir, on en est encore là

Au moment du séisme, 300 personnes dormaient dans le village. Onze habitants sont décédés. Franco explique: "Il y a un an, tout le monde nous a dit: 'Ne vous préoccupez pas. Nous ne vous laisserons pas seuls. Nous vous reconstruirons tout, toutes vos maisons. Restez tranquille, nous agirons.' Ils l’ont dit au futur. Et voila, un an après nous sommes dans ces conditions".

Non loin de là, un groupe de maisonnettes en métal jaune est en voie d’achèvement. Après une année passée dans les caravanes, les familles en prendront possession mi-septembre. Mais si les anciens passent leur journée à discuter sur les responsabilités des retards, les jeunes ne cachent pas leur colère.

Federica est amère. "En Italie, si certains ne profitent pas assez, rien ne bouge. C’est ainsi que je vois les choses. S’ils avaient demandé aux pompiers de retirer les gravats, ce serait déjà fait. Mais en payant des sociétés privées qui veulent surtout s’enrichir, on en est encore là".

Rayés de la carte

Dans toute la région, cette même impression d'immobilisme persiste. Les villages écroulés après le séisme, comme celui d'Accumoli, sont encore à terre. Seulement 12% des gravats ont été retirés.

Luca Antonio vient de se voir attribuer une petite maison de 40 mètres carrés. Mais son malaise est perceptible. "Si je survis, je sais que je mourrai dans cette cabane. Quand vont-ils reconstruire? Jamais. Ils n’ont pas encore commencé à retirer les gravats. Alors, reconstruire..."

Si tout est lent, c'est que les habitants doivent donner l'autorisation pour démolir ce qu'il reste de leur maison. Ils sont appelés les uns après les autres.

Dans le centre d’Amatrice, les grues ont commencé à retirer les gravats. Mais on estime qu’il faudra des années pour reconstruire. En attendant, le maire de la ville tente de relancer l’économie et le tourisme moribond.

Dans cette région à la population vieillissante, nombreux sont ceux qui pensent que le tremblement de terre les a tout simplement rayés de la carte..

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