Ukraine: vers une issue politique à la crise

Le gouvernement ukrainien a démissionné mardi. Le président Viktor Ianoukovitch a accepté la démission du Premier ministre Mykola Azarov et par conséquent de l'ensemble des ministres, dans un décret publié sur le site internet de la présidence. Le gouvernement actuel continue cependant à gérer les affaires courantes en attendant la formation d'une nouvelle équipe, y est-il précisé.

"J'ai pris la décision de demander au président d'accepter ma démission du poste de Premier ministre, pour créer les conditions supplémentaires d'un compromis politique et d'un règlement pacifique du conflit", avait quelques heures plus tôt annoncé M. Azarov.

"Ce n'est pas la victoire, mais un pas vers la victoire", avait alors réagi Vitali Klitschko, l'un des principaux chefs de l'opposition. "Cela calmera les gens pendant un mois au plus. Nous devons maintenant casser le système", a également déclaré l'ex-champion de boxe au journal allemand Bild Zeitung.

Abrogation de la législation répressive

361 députés ont voté l'abrogation de ces lois vivement critiquées par les pays occidentaux comme une atteinte aux libertés, et deux contre. Le résultat du vote a été accueilli par des applaudissements.

Peu avant, le Premier ministre ukrainien, Mykola Azarov, avait annoncé qu'il avait présenté sa démission, dans un communiqué publié sur le site du gouvernement. "J'ai pris la décision de demander au président (Viktor Ianoukovitch) d'accepter ma démission du poste de Premier ministre, pour créer les conditions supplémentaires d'un compromis politique et d'un règlement pacifique du conflit", a écrit Mykola Azarov. "Aujourd'hui, le plus important est de préserver l'unité et l'intégrité de l'Ukraine. C'est bien plus important que toute ambition personnelle", avait ajouté le chef du gouvernement.

Les députés ont commencé la session du Parlement en entonnant l'hymne national. Une minute de silence a en outre été observée à la mémoire des personnes tuées à Kiev dans les violences (trois selon un bilan officiel). Puis la séance avait été interrompue pour parvenir à un accord sur l'ordre du jour de cette session extraordinaire.

La session extraordinaire du Parlement apparaît cruciale alors que les craintes de recours à l'état d'urgence s'intensifient à Kiev, dont le centre ressemble de plus en plus à un camp retranché avec ses hautes barricades de neige et ses contestataires encagoulés et armés de battes de baseball.

L'assemblée, dominée par le Parti des Régions (au pouvoir), doit étudier des concessions mises sur la table par Viktor Ianoukovitch lors des négociations qui se sont intensifiées ces derniers jours.

Concession de dernière minute

Les députés doivent débattre notamment d'une amnistie pour les manifestants interpellés lors de heurts avec la police ou de la mise en place d'un groupe de travail chargé de réviser la Constitution, qui selon l'opposition accorde trop de pouvoirs au président.

Lors de pourparlers de dernière minute lundi, les trois leaders du mouvement de contestation, Arseni Iatséniouk, Vitali Klitschko et Oleg Tiagnybok ont obtenu satisfaction à l'une de leurs principales revendications.

Les lois anticontestation punissaient sévèrement presque toute forme de manifestation et prévoit des peines allant jusqu'à la prison ferme pour toute personne qui y participe.

La présidence avait répété lundi que la session extraordinaire du Parlement débattrait de la confiance du gouvernement.

RTBF avec AFP

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