Ukraine: un soldat tué avant une visite de Charles Michel dans la zone de conflit

Un soldat ukrainien a été tué dans de nouveaux affrontements avec les séparatistes prorusses dans l'est du pays, a annoncé Kiev lundi, à la veille d'une visite du président du Conseil européen Charles Michel sur la ligne de front.

Le militaire a péri dans un bombardement près du village de Pychtchevyk, dans la région de Donetsk. Les séparatistes ont tiré sur les positions ukrainiennes à l'aide de mortiers, lance-grenade et de mitrailleuses de gros calibre, a indiqué l'armée ukrainienne. Cela porte à huit le nombre de militaires ukrainiens tués depuis mi-février, malgré le cessez-le-feu qui était en vigueur depuis juillet.

13.000 morts

M. Michel arrive en Ukraine mardi pour une visite de deux jours. Il se rendra sur la ligne de front avec le président Volodymyr Zelensky et y rencontrera des militaires ukrainiens ainsi que des observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Mercredi à Kiev, il visitera un centre de vaccination contre le Covid-19 et rencontrera des responsables chargés de la lutte contre la corruption.

Grâce à une trêve qui tenait plus ou moins depuis juillet, l'Ukraine a fait état de 50 soldats tués dans ses rangs en 2020 contre 100 morts l'année précédente.

Cette guerre a fait au total plus de 13.000 morts, mais les hostilités se sont considérablement apaisées après les accords de paix de Minsk conclus en février 2015 sous médiation franco-allemande.

L'Ukraine et les Occidentaux accusent Moscou d'être à l'origine du conflit et de fournir troupes et armes aux séparatistes, ce que la Russie nie farouchement.

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Ukraine: un soldat tué avant une visite de Charles Michel dans la zone de conflit © HANDOUT - AFP

Actuellement à Tbilissi en Géorgie, le président du Conseil européen, Charles Michel, a appelé ce lundi l'opposition et les autorités géorgiennes à tout faire pour "désamorcer la situation", alors que ce pays du Caucase est plongé depuis plusieurs mois dans une profonde crise politique.

"L'Union européenne appelle toutes les parties à intensifier leurs efforts pour désamorcer la situation et se réunir pour trouver un terrain d'entente", a-t-il déclaré durant une conférence de presse conjointe avec la présidente géorgienne, Salomé Zourabichvili.

Une crise importante

Charles Michel, dont la visite en Géorgie était prévue avant l'aggravation de la crise politique de la semaine dernière, a ajouté que l'UE était "préoccupée" par la "crise qui s'aggrave en Géorgie".

La Géorgie est en crise depuis les élections législatives d'octobre, remportées de justesse par le parti au pouvoir mais au sujet desquelles l'opposition a dénoncé des fraudes.

Mardi dernier, l'arrestation musclée d'une figure de l'opposition, Nika Melia, a entraîné une nouvelle série de manifestations contre le gouvernement.

L'interpellation de M. Melia, accusé d'avoir organisé des "violences de masse" lors de manifestations en 2019, a été dénoncée par les alliés occidentaux de la Géorgie.

Désamorcer les tensions

Lundi, Charles Michel a appelé à "un dialogue entre les partis politiques, avec l'opposition et le gouvernement" et souligné qu'"un système judiciaire performant et indépendant est essentiel pour approfondir le partenariat entre la Géorgie et l'Union européenne". Notre compatriote s'est proposé pour modérer les négociations entre l'opposition et les autorités géorgiennes, dès le soir-même.

"J'ai appelé toutes les parties à une désescalade et à agir ensemble pour relancer un dialogue politique, et je les ai invitées à une réunion ce soir", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse suivante, cette fois avec le Premier ministre géorgien Irakli Garibachvili. "Le temps est venu (pour l'UE, ndlr) de se tourner vers la modération" des négociations", a-t-il indiqué. Irakli Garibachvili et les leaders de l'opposition géorgienne ont confirmé leur participation à cette réunion qui devait avoir lieu lundi soir.

La Géorgie, ex-république soviétique, s'est affranchie de la tutelle de Moscou et rapprochée de l'Union européenne et de l'Otan, qu'elle souhaiterait rejoindre à terme même si le chemin à parcourir est encore long.

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