Ukraine: les combats font rage, des renforts arrivent à Donetsk

Une semaine après les élections séparatistes organisées au grand dam de Kiev et des Occidentaux sur les territoires aux mains des rebelles et qui ont mis en cause les accord de paix conclus en septembre, les hostilités ne connaissent pas de répit dans ce conflit de près de sept mois qui a fait plus de 4.000 morts selon l'ONU.

Donetsk a été le théâtre de bombardements intenses très proches du centre dans la nuit de samedi à dimanche.

Les tirs d'artillerie se poursuivaient dimanche matin avec moins d'intensité, selon des journalistes de l'AFP sur place.

"La nuit a été extrêmement agitée à Donetsk", a indiqué dimanche la mairie de la ville en disant "éclaircir les données sur les morts et les blessés".

Sept canons automoteurs ont été vus se dirigeant dimanche matin vers la zone de l'aéroport, l'un des principaux points chauds que l'armée ukrainienne et les séparatistes se disputent depuis des mois ainsi qu'en direction de Iassynouvata, noeud ferroviaire et ville voisine de Donetsk, a indique à l'AFP un habitant qui a vu passer la colonne vers 09H00 du matin.

Inquiétude de l'OSCE

L'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) s'est déclarée samedi soir "très inquiète" de la présence de convois militaires et de chars dans l'est de l'Ukraine, sous contrôle des séparatistes prorusses.

"Plus de 40 chars et camions" ont été vus circulant sur une voie rapide à la périphérie est de Makiïvka, ont indiqué les observateurs de l'OSCE présents en Ukraine pour surveiller l'application du cessez-le-feu signé le 5 septembre entre Kiev et les séparatistes.

Parmi eux, 19 camions militaires de la marque russe Kamaz, sans plaque d'immatriculation, transportaient des canons de 122 mm et du personnel en uniforme vert foncé sans insigne. Six camions-citernes les accompagnaient.

Les observateurs de l'OSCE ont également vu "un convoi de neuf chars --4 T72 et 5 T64-- se déplaçant au sud-ouest de Donetsk.

Les autorités ukrainiennes qui accusent Moscou d'armer les rebelles et d'envoyer des troupes régulières dans l'Est avaient dénoncé vendredi l'entrée à partir de la Russie de dizaines de chars, de pièces d'artillerie et d'autres équipements militaires.

Ces informations n'ont été confirmées ni par les Etats-Unis ni par l'Otan, l'Alliance parlant cependant d'une "concentration accrue de troupes" russes à la frontière avec l'Ukraine.

Dans la région voisine de Lougansk, le gouverneur loyaliste Guennadi Moskal a pour sa part fait état de "tirs multiples rebelles avec des mortiers et des lance-roquettes multiples Grad sur les localités sous contrôle de Kiev.

Selon lui, deux gardes-frontières ont été blessés après avoir sauté sur une mine près du poste-frontière Krasna Talivka.

'Nouvelle guerre froide '

La crise ukrainienne déclenché il y a près d'un an par un mouvement de contestation pro-européenne à Kiev réprimée dans le sang et ayant entraîné la chute du régime prorusse est à l'origine de la pire dégradation des relations entre Moscou et l'Occident.

Depuis l'annexion de la Crimée en mars, la Russie est frappée de lourdes sanctions économiques durcies après le crash du vol MH17 avec 298 personnes à bord en juillet abattu par un missile au-dessus du territoire contrôlé par les séparatistes prorusses dans l'Est.

Le dernier dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev a estimé samedi que le monde était "au bord d'une nouvelle Guerre froide".

"Certains disent qu'elle a déjà commencé", a-t-il ajouté, en marge du 25e anniversaire de la chute du Mur de Berlin.

"On voit de nouveaux murs. En Ukraine, c’est un fossé énorme qu’ils (les pays de l'Otan, ndlr) veulent creuser", a-t-il encore déclaré.

En visite en Ukraine samedi, le ministre néerlandais des Affaires étrangères Bert Koenders, dont le pays est chargé de l'identification et de l'enquête sur le crash du Boeing malaisien qui effectuait le vole Amsterdam-Kuala-Lumpur, a pour sa part dénoncé les élections séparatistes "illégales" en estimant qu'il n'y avait "pas de raisons de lever les sanctions" contre la Russie.


AFP

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