Ukraine: la communauté internationale plaide pour l'unité du pays

La haute représentante de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, se rendra à Kiev lundi, où elle entend discuter des mesures à prendre pour mettre fin à
la crise politique et pour stabiliser l'économie du pays, a annoncé dimanche sa porte-parole. Mme Ashton devrait rencontrer dans la capitale ukrainienne les "principaux acteurs" et "discuter du soutien de l'Union européenne à une solution durable à la crise politique, ainsi que de mesures pour stabiliser la situation
économique" du pays.

Préserver son intégrité territoriale

Plus tôt ce dimanche, la chancelière allemande Angela Merkel et le président russe Vladimir Poutine avaient souligné l'importance pour l'Ukraine de préserver son intégrité territoriale, lors d'un entretien téléphonique, a indiqué le porte-parole du gouvernement allemand.

"Les deux (responsables politiques) sont d'accords sur le fait que l'Ukraine doit se doter rapidement d'un gouvernement en mesure d'agir et que l'intégrité territoriale doit être préservée", a annoncé la chancellerie allemande dans un communiqué. Plus tôt dans la journée, elle s'était adressée directement à l'opposante Ioulia Timochenko en lui demandant d’œuvrer pour l'unité du pays.

L'UE doit "accompagner la transition" et appeler à respecter l'unité du pays

L'Union européenne doit "accompagner la transition démocratique" en Ukraine, où "un très très fort espoir s'est levé", a estimé dimanche à Pékin le chef de la diplomatie française, tout en appelant au respect de l'unité territoriale du pays.

"La situation en Ukraine est radicalement nouvelle (...) Le rôle de l'Europe, et de la France, (c'est) d'accompagner cette transition démocratique, souhaiter qu'elle soit pacifique, et que l'intégrité et l'unité de l'Ukraine soient respectées", a déclaré aux journalistes le ministre des Affaires étrangères.

"La situation est calme dans le pays, même s'il y a ici ou là des règlements de compte, mais les Ukrainiens font preuve d'une très grande maturité", s'est par ailleurs félicité Laurent Fabius, en voyage officiel en Chine.

De son côté, la représentante de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a appelé les responsables politiques ukrainiens à agir "de manière responsable" pour maintenir l'"unité" du pays.

"Les Etats-Unis sont au côté du peuple ukrainien"

Une partition de l'Ukraine ou le "retour de la violence" ne sont dans l'intérêt ni de l'Ukraine, ni de la Russie, ni de l'UE ou des Etats-Unis, a jugé dimanche une proche conseillère de Barack Obama, Susan Rice.

"Il n'y a pas de contradiction entre une Ukraine qui entretient de longue date des liens historiques et culturels avec la Russie et une Ukraine moderne qui veut s'intégrer davantage avec l'Europe. L'un n'empêche pas l'autre", a estimé la conseillère à la sécurité nationale du président américain dans un entretien à la chaîne NBC.

Interrogée sur la crainte d'une intervention militaire russe en Ukraine, Susan Rice a simplement indiqué que "ce serait une grave erreur". "Les Etats-Unis sont au côté du peuple ukrainien", a aussi réaffirmé Mme Rice. "Nous voulons voir une désescalade de la violence. Nous voulons voir un changement constitutionnel, des élections démocratiques à court terme", a détaillé la conseillère du président, reprenant les arguments déjà employés la veille par la Maison Blanche après la fuite du président ukrainien Viktor Ianoukovitch.

"La question est de savoir si les Ukrainiens ont l'opportunité de réaliser leurs aspirations démocratique et de faire partie de l'Europe, comme ils l'ont souhaité", a encore observé la conseillère du président Obama..

La conseillère pour la sécurité nationale a en outre insisté sur la nécessité d'aider au rétablissement de l'économie ukrainienne, qui est selon "très, très fragile". "Nous voulons coopérer avec nos partenaires en Europe, le FMI, les Russes s'ils sont prêts à participer, pour aider l'économie ukrainienne", a-t-elle affirmé. "Si la Russie veut participer, elle sera la bienvenue", a-t-elle répété, rappelant que ce serait le FMI qui serait l'acteur le plus important sur ce front.

Des pays du G20 prêts à venir en aide à l'Ukraine

L'Ukraine s'est d'ailleurs imposée comme sujet de discussion dimanche lors de la réunion du G20 à Sydney, où le Fonds monétaire international (FMI) et plusieurs pays, dont les Etats-Unis, ont offert leur soutien au pays, menacé de faillite.

"Les Etats-Unis et d'autres pays sont prêts à aider l'Ukraine dans ses efforts de retour à la démocratie, à la stabilité et la croissance", a déclaré le secrétaire américain au Trésor, Jack Lew, qui a espéré la formation d'un "gouvernement multipartite et technocrate, désireux de mener les réformes économiques nécessaires".

L'Otan salue la décision de l'armée de se tenir à l'écart

Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a salué dimanche la décision de l'armée ukrainienne de ne "s'impliquer en aucune manière" dans la crise que traverse le pays et réitéré la volonté de l'Alliance atlantique de coopérer avec l'Ukraine, un "partenaire proche".

"Les forces armées ne seront en aucune manière impliquées dans le conflit politique. Les militaires restent fidèles au peuple ukrainien", avait indiqué samedi le personnel du ministère ukrainien de la Défense, qui avait terminé son communiqué par la phrase "Gloire à l'Ukraine!", slogan favori des manifestants.

"Je suis de près les développements importants en Ukraine. Le peuple ukrainien doit déterminer son propre avenir dans la liberté et la démocratie", a également déclaré Anders Fogh Rasmussen.

"Je continue à appeler au calme et à la retenue, afin que toutes les parties puissent se concentrer sur le chemin (menant) à la démocratie, à la stabilité et à la prospérité par le biais d'un dialogue pacifique et d'élections rapides", a ajouté le secrétaire général de l'Otan, principale alliance militaire occidentale.

"L'Ukraine est un partenaire proche de l'Otan et l'Otan est un ami du peuple ukrainien. Nous souhaitons poursuivre la coopération avec l'Ukraine sur la base de la Charte de coopération Otan-Ukraine", conclue après la fin de la guerre froide et la disparition de l'URSS, a conclu M. Rasmussen.

 

RTBF avec agences

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