Ukraine: Hollande et Merkel en initiative diplomatique, Kerry à Kiev

Ukraine: l'UE va ajouter 19 personnes et 9 entités à sa liste noire
Ukraine: l'UE va ajouter 19 personnes et 9 entités à sa liste noire - © GEORGES GOBET - BELGAIMAGE

François Hollande et Angela Merkel sont attendus à Kiev jeudi pour exposer un plan de paix qu'ils soumettront le lendemain à Vladimir Poutine, auquel Washington réclame un engagement concret pour un cessez-le-feu alors que le conflit s'intensifie dans l'est du pays. De son côté, le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a affirmé à Kiev que la Russie doit "s'engager immédiatement" à un cessez-le-feu dans l'est de l'Ukraine et cesser d'y soutenir les rebelles prorusses.

L'initiative des dirigeants européens intervient au moment où le secrétaire d'Etat américain John Kerry se trouve à Kiev pour discuter avec les autorités pro-occidentales de l'opportunité de livraisons d'armes à l'Ukraine afin de renverser la situation sur le terrain, où l'armée ukrainienne est en très mauvaise posture face à des rebelles prorusses au moral regonflé par l'enchaînement des victoires militaires et conforté dans leur ambition d'étendre leur territoire.

John Kerry a souligné que les États-Unis ne "recherchaient pas le conflit" avec la Russie et étaient "favorables" à un "règlement pacifique" du conflit ukrainien qui a provoqué la pire détérioration des relations entre Moscou et l'Occident depuis la fin de la Guerre froide.

Mais, a-t-il insisté, la Russie doit également "faire ses choix" pour mettre un terme au conflit qui dure depuis près de dix mois et a fait plus de 5.300 morts. John Kerry n'a en revanche rien dit sur d'éventuelles livraisons d'armes létales américaine à l'Ukraine, une annonce qu'espéraient les autorités pro-occidentales de Kiev. "Il est nécessaire qu'il y ait un engagement immédiat à un véritable cessez-le-feu, qui n'est pas seulement un bout de papier avec des paroles, mais qui est suivi d'actions concrètes", a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse commune avec le président ukrainien Petro Porochenko.

Il a également estimé que "l'agression russe" dans l'est de l'Ukraine était "la plus grande menace" pour Kiev. "Nous voulons une solution diplomatique, mais nous ne pouvons pas fermer les yeux lorsque les chars depuis la Russie traversent la frontière et arrivent en Ukraine. Nous ne pouvons pas fermer les yeux lorsque les combattants russes en uniformes sans insigne traversent la frontière". "Retirer les armes lourdes de la ligne du cessez-le-feu (...) serait une première mesure de confiance qui permettrait une solution pacifique. Deuxièmement, retirer les troupes étrangères et les armes lourdes de l'Ukraine, ce qui mènerait vers une troisième mesure - respecter la frontière internationale", a insisité John Kerry.

Initiatiative diplomatique

Vers 15H00 GMT, le président Hollande et la chancelière Merkel devaient atterrir à Kiev pour y exposer leur plan de paix, tentative diplomatique la plus insistante à ce jour pour régler ce conflit aux portes de l'Europe qui a fait plus de 5300 morts en dix mois.

Vendredi, les deux dirigeants européens, principaux médiateurs dans la crise ukrainienne, vont tenter de convaincre Vladimir Poutine à contribuer à une désescalade dans ce conflit qui a provoqué la pire dégradation des relations entre la Russie et l'Occident depuis la fin de la guerre froide.

L'annonce de cette visite surprise a été faite par le président français depuis Paris. "Nous ferons une nouvelle proposition de règlement sur le conflit lui-même, qui sera fondée sur l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Nous irons la discuter avec le président (Petro) Porochenko et vendredi à Moscou avec le président russe", a déclaré M. Hollande. "L'option de la diplomatie ne peut être prolongée indéfiniment", a-t-il ajouté en marquant cependant sa différence avec l'attitude des Etats-Unis: "la France ne rentre pas dans le débat sur la fourniture des armes à l'Ukraine".

L'Otan et l'UE ont aussitôt soutenu la nouvelle initiative franco-allemande, qui intervient au moment où les combats ont connu un nouveau pic d'intensité ces dernières semaines avec des centaines de morts. Rien que jeudi, les bilans séparés de Kiev et des séparatistes ont fait état d'au moins 24 morts dont 19 civils ces dernières 24 heures.

L'Otan a par ailleurs décidé jeudi de renforcer sa présence sur son flanc est, en approuvant la création d'une nouvelle force de réaction de 5.000 hommes et de six "centres de commandement", qui répondraient à "l'agression" de la Russie en Ukraine, selon M. Stoltenberg.

L'Union européenne a de son côté annoncé l'élargissement des sanctions déclenchées par la crise en Ukraine. Dix-neuf personnes, dont aucune cependant n'est "de premier plan", et neuf entités seront ajoutées à sa liste noire de sanctions, selon de sources européennes. Cinq de ces personnalités et une des entreprises sont russes, selon la même source.

RTBF, avec agences

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