Ukraine: l'opposition veut continuer la "lutte", regain de tension à Kiev

Sans se prononcer explicitement sur la proposition du chef de l'Etat de nommer deux d'entre eux à la tête d'un gouvernement aux pouvoirs élargis, ils ont assuré qu'ils resteraient mobilisés jusqu'à ce que toutes leurs exigences soient satisfaites, en premier lieu la convocation d'une élection présidentielle dès cette année et non l'année prochaine comme cela est actuellement prévu.

"La lutte continue", a ainsi lancé l'opposant nationaliste Oleg Tiagnybok devant des dizaines de milliers de personnes réunies place de l'Indépendance à Kiev.

"Nous sommes déterminés et nous ne reculons pas", a affirmé de son côté Vitali Klitschko, auquel le chef de l'Etat a proposé de devenir vice-Premier ministre, tout en reconnaissant que "Ianoukovitch a satisfait un grand nombre de nos exigences".

"Les négociations se poursuivent", a ajouté l'ancien boxeur.

Propositions jugées trop maigres, ce sera tout ou rien

Arséni Iatséniouk, qui s'est vu offrir par le président d'être le chef du gouvernement, s'est dit "prêt à prendre ses responsabilités", mais a ajouté ne "pas croire un mot" de ce qu'affirme le pouvoir.

"Nous n'allons pas bouger de notre position", a martelé le leader du parti Baktivchtchina de l'opposante emprisonnée Ioulia Timochenko.

Les trois opposants ont en outre rappelé qu'ils exigeaient l'abolition des lois répressives adoptées le 16 novembre et qui ont entraîné une nette radicalisation du mouvement.

Les manifestants ne cachaient pas pour leur part leur déception face aux propositions faites par Viktor Ianoukovitch, dont ils réclament le départ pur et simple.

"C'est absurde pour le pouvoir de nous faire des concessions afin de sortir de la crise après ce qu'il a fait", a ainsi réagi Irina Pavlenko, une étudiante.

"Les gens n'accepteront aucun compromis qui ne prévoie pas la démission de Ianoukovitch", a commenté Miron Kotsoba, un manifestant de 52 ans venu de Lviv, bastion nationaliste de l'ouest.

Après deux mois de crise, cette ouverture surprise de Viktor Ianoukovitch est intervenue à l'issue d'une semaine marquée par des violences dans la capitale et par un renforcement de la contestation dans les régions.

Retour des affrontements

D'ailleurs, la tension était remontée dans la journée de samedi entre policiers et manifestants et le ministère de l'Intérieur avait sommé l'opposition de quitter le centre de Kiev.

Après deux jours de retour de calme, la situation s'est de nouveau tendue dans la nuit de vendredi à samedi rue Grouchevski à Kiev, théâtre de récentes scènes de guérilla urbaine.

Les manifestants ont lancé des cocktails Molotov et des pavés en direction des policiers antiémeute, qui ont répliqué avec des grenades assourdissantes et des balles en caoutchouc.

Hors de Kiev, les sièges des administrations de la plupart des régions de l'Ouest, davantage tournées vers l'Union européenne, sont occupées par des milliers de manifestants qui réclament le départ des gouverneurs nommés par le président.

Fait nouveau samedi, ce mouvement s'est propagé à certaines régions du Nord (Tcherniguiv) et de l'Est (Poltava).

Viktor Ianoukovitch est aussi sous la pression de l'Union européenne, qui avait demandé samedi des "gestes concrets" en vue d'un retour au calme.

Catherine Ashton, le chef de la diplomatie européenne, est à cet égard attendue à Kiev jeudi et vendredi.

AFP

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