Ukraine: les manifestants ont évacué la mairie, concession au président

"La mairie est pratiquement évacuée", a déclaré à l'AFP le "commandant" des lieux Rouslan Andriïko. Quelques minutes plus tard, l'ambassadeur suisse, dont le pays assure la présidence tournante de l'OSCE, est entré le premier dans le bâtiment évacué. "La Suisse qui préside l'OSCE a été invitée par les deux parties en conflit à participer au processus de transfert de la mairie aux autorités", a déclaré à la presse l'ambassadeur Christian Schoenenberger.

La mairie, prise d'assaut le 1er décembre et transformée en "QG de la révolution", est un lieu très symbolique de la contestation tout comme le Maïdan, place centrale de Kiev occupée depuis la volte-face pro-russe du pouvoir fin novembre au détriment d'un rapprochement avec l'Union européenne. Son évacuation était une condition clé pour l'application de la loi d'amnistie à l'égard de 234 manifestants qui ont été libérés, mais qui sont toujours inculpés de crimes passibles de peines allant jusqu'à 15 ans de prison.

Située sur le boulevard central Khrechtchatik, la mairie a été prise d'assaut en marge d'une manifestation monstre, à la suite de la dispersion violente d'étudiants dans le centre de Kiev. Le bâtiment hébergeait jusqu'à 700 manifestants qui y dormaient et s'y réchauffaient.

Nouvelle réunion des manifestants ce dimanche

Pour la onzième fois depuis le début il y a près de trois mois de la contestation, née de la volte-face du pouvoir qui a renoncé à un rapprochement avec l'Union européenne pour se tourner vers la Russie, les manifestants se réunissent à midi (10H00 GMT) sur le Maïdan, la place de l'Indépendance, dans le centre de Kiev.

Le précédent rassemblement, dimanche 9 février, avait réuni près de 70 000 personnes sur le Maïdan, couvert d'une centaine de tentes et entouré de barricades.

Le mouvement de contestation s'est transformé au fil des semaines en un rejet pur et simple du régime du président Viktor Ianoukovitch, et ni la démission du gouvernement ni les négociations engagées après les affrontements, qui ont fait quatre morts et plus de 500 blessés fin janvier, n'ont réglé le conflit.

Les opposants ont promis de préparer dimanche "une offensive pacifique" pour obtenir la satisfaction de leurs revendications.

Pas de recul possible: "il faut aller jusqu'au bout"

L'évacuation de la mairie ne marque en rien un recul, pour les manifestants. "La révolution ne fait que commencer", a déclaré à l'AFP Rouslan Andriïko, membre du parti nationaliste Svoboda et responsable des lieux.

"Maintenant qu'on est dans la rue, il faut aller jusqu'au bout. Quand (le président Viktor) Ianoukovitch donnera sa démission on va tous faire une grande fête ici", assure en souriant Marina Nekrasova, qui se promène sur le Maïdan en tenant la main de sa petite fille. "La mairie, ils l'ont prise d'assaut une fois, ils pourront très bien la reprendre".

La stratégie du pouvoir, pariant sur un essoufflement du mouvement, semble avoir échoué. "Le temps ne joue pas en faveur du président Ianoukovitch, dont le soutien décline même au sein de son parti", estime le professeur allemand Andreas Umland, qui enseigne à l'université de sciences politiques de Kiev.

Belga avec AFP

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