Ukraine: l'opposition rejette la proposition du poste de Premier ministre

Arséni Iatséniouk, chef du parti de l'opposante emprisonnée Ioulia Timochenko, s'est vu proposer le poste de Premier ministre et l'ex-boxeur Vitali Klitschko celui de vice-Premier ministre chargé des Affaires humanitaires, a précisé la présidence après des négociations menées à la présidence.

"Proposer des amendements à la Constitution"

La présidence, citant le conseiller du président Andriï Portnov, a précisé que Viktor Ianoukovitch avait accepté la création d'un groupe de travail chargé de "modifier la législation sur les référendums et peut-être, via ce mécanisme, de proposer des amendements à la Constitution".

L'opposition demande un retour à la Constitution de 2004, compromis majeur accepté par le pro-occidental Viktor Iouchtchenko, sorti vainqueur de la Révolution orange qui avait fait de l'Ukraine une république parlementaire avec un puissant Premier ministre.

La Constitution avait plus tard été de nouveau révisée, donnant l'essentiel du pouvoir au chef de l'Etat. Viktor Ianoukovitch a reçu les principaux leaders de l'opposition pendant environ trois heures après un regain de tension à Kiev entre manifestants et forces de l'ordre et alors que la contestation s'étend en Ukraine.

L'opposition est mobilisée depuis plus de deux mois dans le centre de Kiev, à la suite du refus du président de signer un accord avec l'Union européenne, y préférant un rapprochement avec la Russie.

La contestation s'est radicalisée la semaine dernière avec l'adoption de lois controversées prévoyant des peines plus sévères, allant jusqu'à la prison ferme, pour les manifestants.

Viktor Ianoukovitch a aussi promis de revenir sur ces lois et de négocier avec l'opposition pour trouver un "compromis sur ces lois", a précisé la présidence.

Les portes de l'Union européenne restent ouvertes, affirme Herman Van Rompuy

Peu après le rejet de la proposition faite par le Président ukrainien par l'opposition, le président du Conseil européen Herman Van Rompuy a fermement condamné samedi l'usage de la force et la "brutalité" des autorités ukrainiennes face aux manifestants, appelant les deux parties à s'abstenir de la violence. L'ancien Premier ministre a également assuré que les portes de l'Union européenne restaient ouvertes pour l'Ukraine.

"Je déplore et je condamne avec fermeté l'usage injustifié de la force et la brutalité des autorités ukrainiennes contre les manifestants qui en grande majorité sont des manifestants pacifiques", a-t-il déclaré à Varsovie, à l'issue d'un entretien avec le Premier ministre polonais Donald Tusk.

Les responsables d'un recours à la force, ayant fait six morts selon l'opposition et trois selon les autorités, "devront rendre des comptes" de leurs actes, a-t-il souligné devant la presse.

"J'appelle les parties à s'abstenir de la violence", a ajouté Herman Van Rompuy qui s'est également entretenu à Varsovie de la situation en Ukraine avec le président polonais Bronislaw Komorowski.

"Personne ne peut empêcher le peuple ukrainien de voir ses rêves se réaliser un jour. Notre porte reste ouverte", a déclaré le président du Conseil européen.

Belga

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