Ukraine: "Aucun accord n'a été trouvé après les discussions avec Kerry"

"Pour l'instant, nous ne pouvons annoncer à la communauté internationale que nous avons trouvé un accord", a dit M. Lavrov. "Nous sommes convenus d'étudier encore les idées dont m'a fait part aujourd'hui John Kerry concernant des mesures concrètes à prendre", a-t-il ajouté. Il a indiqué qu'il allait faire part au président Vladimir Poutine de sa discussion avec son homologue américain, à son retour en Russie. "Pour nous, le plus important, je le souligne encore, est de respecter les accords du 21 février, avant tout sur la réforme de la Constitution, sur la formation d'un gouvernement d'unité nationale, l'organisation d'élections après la réforme constitutionnelle", a-t-il dit.

"Et le deuxième aspect important est que tout processus (...) doit obligatoirement s'appuyer sur l'accord sans ambiguïté de toutes les régions d'Ukraine". Les deux hauts responsables, qui se retrouvaient en marge d'une réunion internationale sur la Libye, se sont rencontrés trois fois en deux jours pour discuter de la crise en Ukraine. Les entretiens à Rome se sont déroulés alors que le Parlement de Crimée a fait jeudi un pas de plus vers la partition de l'Ukraine en demandant à Vladimir Poutine le rattachement de la péninsule à la Russie, ce qui a aussitôt été dénoncé par Washington. De son côté, le président américain Barack Obama a annoncé une série de sanctions pour faire davantage pression sur Moscou, avec notamment des restrictions de visas pour un certain nombre de responsables. M. Lavrov a indiqué aux agences russes que M. Kerry lui avait assuré qu'il n'y avait pour l'instant pas de listes de responsables russes.

Affirmations erronées

La Russie a dénoncé jeudi le "cynisme" et l'"arrogance inadmissible" de Washington au lendemain des critiques du département d'Etat énumérant "dix affirmations erronées" du président Vladimir Poutine dans la crise ukrainienne.

La publication de ces points "frappe non pas tant par sa déformation primitive de la réalité que par son cynisme", a dénoncé le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

"Nous n'allons pas nous abaisser à polémiquer sur une propagande de bas étage. Une nouvelle fois nous avons affaire à une arrogance inadmissible et à des prétentions de détenir la vérité. Les Etats-Unis ne peuvent pas avoir le droit de faire la morale concernant l'observation des normes internationales et le respect de la souveraineté d'autres pays".

"Qu'en est-il du bombardement de l'ex-Yougoslavie ou l'intrusion en Irak sous des prétextes falsifiés? ", ajoute le ministère.

Le département d'Etat américain avait dénoncé mercredi la position défendue par Vladimir Poutine dans le dossier ukrainien, réfutant point par point ses "10 affirmations erronées" et évoquant un "roman" du président russe, allant jusqu'à évoquer l'écrivain russe Fiodor Dostoïevski.

"La Russie raconte des histoires fausses pour justifier ses actes illégaux en Ukraine, et le monde n'a pas vu de fiction russe aussi surprenante depuis que Dostoïevksi a écrit 'Deux fois deux égale cinq est aussi une chose charmante' ", a écrit la diplomatie américaine, citant une phrase des Carnets du sous-sol du romancier russe.

Le département d'Etat a énuméré dix affirmations de Vladimir Poutine "justifiant l'agression russe en Ukraine, suivies des faits que ses assertions ignorent ou déforment".

Belga

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK