Ukraine: combats à l'aéroport de Donetsk, un convoi allemand en route

Des combattants pro-ukrainiens le 3 octobre 2014 à Peski dans la banlieue de Donetsk
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Des combattants pro-ukrainiens le 3 octobre 2014 à Peski dans la banlieue de Donetsk - © Anatolii Boiki

Des combats se poursuivaient samedi dans l'est de l'Ukraine, fragilisant encore la "trêve" entre armée régulière et rebelles prorusses, avec un nouveau bilan de quatre morts, dont deux enfants tués en déplaçant un obus non explosé. Un convoi allemand de plus de 100 camions est par ailleurs en route pour l'est de l'Ukraine.

Au lendemain d'une journée d'attaques et de contre-attaques à l'aéroport de Donetsk, la principale ville aux mains des séparatistes, l'armée ukrainienne a indiqué en milieu de journée que deux de ses soldats avaient péri au cours des dernières 24 heures.

Le porte-parole militaire ukrainien, Andriï Lyssenko, a assuré que l'armée était toujours maîtresse de l'aéroport, seule enclave qu'elle contrôle depuis le mois de mai dans une ville entièrement aux mains des séparatistes. Kiev redoute de perdre une infrastructure qui permettrait aux indépendantistes d'acheminer facilement de l'aide en provenance de Russie.

Le "Premier ministre" prorusse de la république autoproclamée de Donetsk, Alexandre Zakhartchenko, a affirmé vendredi que la rébellion contrôlait 95% de l'aéroport.

"On ne contrôle pas l'aéroport mais les combats sont plus sporadiques, il reste des poches de résistance, surtout dans les sous-sols, qu'on essaie de nettoyer", a indiqué samedi à l'AFP un combattant rebelle gardant un poste de contrôle à environ 2 km de l'aéroport, alors qu'une roquette s'abattait à une vingtaine de mètres de là.

Deux enfants ont par ailleurs été tués et cinq autres blessés vendredi à 30 km à l'est de Donetsk en tentant de déplacer un obus qui n'avait pas encore explosé, ont annoncé les autorités régionales.

Alors que la semaine qui s'achève s'est traduite par un net regain de violence après une accalmie en septembre, le Conseil de sécurité de l'ONU a "fermement condamné" la mort jeudi dans un bombardement d'un employé suisse du Comité international de la Croix-Rouge, réclamant "une enquête exhaustive et approfondie".

Les deux camps se sont rejeté la responsabilité de la mort du travailleur humanitaire.

Sanctions ukrainiennes

Les combats engagés en avril dans l'est du pays ont fait au moins 3.200 morts, selon l'ONU. Le président ukrainien Petro Porochenko a pour sa part indiqué vendredi que 967 soldats ukrainiens (armée, volontaires et Garde nationale) étaient morts au combat.

Sur le front diplomatique, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a fait part à son homologue russe Sergueï Lavrov de son "inquiétude" face au regain de violences et a exhorté Moscou et les séparatistes à respecter les cessez-le-feu signés en septembre.

Selon un "mémorandum" conclu le 20 septembre par les belligérants et par la Russie, tous les combattants étrangers sont censés quitter le territoire de l'Ukraine. Moscou, qui s'est emparé au printemps de la péninsule de Crimée, dément toutefois les accusations de Kiev et des Occidentaux selon lesquelles ses troupes combattent aux côtés des séparatistes.

Le Premier ministre ukrainien Arseniï Iatseniouk a estimé que son pays devait à son tour prendre des sanctions contre Moscou, en dépit des liens commerciaux étroits entre les deux économies. "Si les Etats-Unis et l'Europe prennent des sanctions, l'Ukraine doit faire la même chose", a-t-il déclaré vendredi soir à la télévision. "J'ai conscience que nous en paierons le prix, mais la Russie paye d'ores et déjà un prix beaucoup plus lourd", a-t-il assuré.

Alors que les milieux économiques en Russie tirent la sonnette d'alarme quant aux conséquences de la crise ukrainienne, "les calculs du Kremlin sont avant tout géopolitiques et politiques", relève dans une analyse le cabinet de consultants Eurasia Group, qui s'attend à de nouvelles sanctions occidentales contre la Russie cet hiver.

"Un signe de solidarité"

Un convoi allemand de plus de 100 camions transportant divers équipements est par ailleurs en route pour l'est de l'Ukraine, a annoncé samedi le ministère allemand de la Coopération et du Développement.

Le convoi doit arriver "à la mi-octobre" sur place et le ministre de la Coopération, Gerd Müller, a prévu de se rendre le 14 dans la ville de Kharkiv, contrôlée par le gouvernement de Kiev, a-t-il précisé dans un communiqué.

L'Allemagne a prévu d'acheminer "des unités d'habitation mobiles, des cuisines mobiles, des radiateurs, des générateurs, des réservoirs d'eau et d'essence, des vêtements d'hiver, des couvertures et des lits de camp ainsi que des kits d'hygiène", selon la même source.

Une partie des biens sera directement achetée en Ukraine et la valeur des marchandises transportées est estimée à 10 millions d'euros, selon le ministère.

"Nous voulons ainsi émettre un signe de solidarité. Les gens en Ukraine peuvent compter sur nous en tant que partenaire fiable", a commenté le ministre cité dans le communiqué.

"Nous voulons apporter notre contribution afin que soit mise à disposition des nombreuses familles ukrainiennes dans le besoin et qui souffrent une infrastructure permettant de résister à l'hiver", a-t-il ajouté.

Les camions doivent passer ensemble la frontière polono-ukrainienne "mardi matin", selon Berlin. Ils ont passé dans la nuit Varsovie et se dirigent vers le poste-frontière de Dorohusk. La police et les pompiers polonais les accompagnent pour les aider, selon les médias polonais.

Un troisième convoi d'aide russe est arrivé, sans aucune escorte, dans l'est de l'Ukraine, contrôlé par les séparatistes prorusses, a annoncé samedi un porte-parole russe.

AFP et Belga

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