Ukraine: 43 morts dans la collision d'un bus et d'un train

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Une quarantaine de personnes ont péri dans la collision d'un train et d'un autobus mardi dans le centre de l'Ukraine, le pire accident de la circulation qu'ait connu cette ex-république soviétique depuis son indépendance en 1991.

Le ministère des Situations d'urgence a fait état de 43 morts et neuf personnes hospitalisées, révisant à la hausse son précédent bilan de 42 victimes. La police routière a pour sa part indiqué que 40 personnes étaient mortes et onze blessés.

Deux corps sont tellement mutilés qu'il est difficile de déterminer leur sexe, a souligné la police ukrainienne citée par Interfax, ajoutant qu'il s'agissait du pire accident de la route depuis l'indépendance de l'Ukraine.

"C'est un drame terrible", a déclaré le président ukrainien Viktor Ianoukovitch en visitant le site de la catastrophe à Marganets, une ville industrielle de la région de Dnipropetrovsk (centre-est), et l'hôpital local. Il a décrété mercredi une journée de deuil national.

Plus tôt dans la journée, une journaliste de l'AFP a vu des dizaines de corps alignés sur deux sites le long de la voie ferrée.

Des proches des victimes, aidés par des policiers et des médecins-légistes, tentaient d'identifier ces dépouilles. A proximité, les restes de l'autobus jaune pulvérisé par la locomotive témoignent de la violence du choc.

Les autorités ukrainiennes ont rapidement annoncé que le chauffeur, lui aussi tué dans le drame, avait provoqué l'accident en s'engageant sur le passage à niveau malgré un feu rouge.

"Le chauffeur de l'autobus a violé le code de la route en brûlant le feu qui interdisait le passage", a expliqué Mme Bachmakova.

"Les passagers qui ont survécu racontent avoir hurlé (pour dire au chauffeur) que le signal sonore montrait qu'il était interdit d'avancer" mais l'homme n'a pas réagi, a renchéri le ministre des Transports Efimenko, selon des images diffusées à la télévision.

Comportement étrange

Le quotidien populaire Komsomolskaïa Pravda a relaté "le comportement étrange" du chauffeur, âgé de 56 ans. Ce dernier s'est arrêté devant le passage à niveau, est sorti du véhicule, puis a repris le volant et s'est engagé sur les rails malgré le feu rouge et la locomotive qui s'approchait à vive allure, affirme le journal, citant des témoins sur son site internet.

Le président Ianoukovitch a exprimé ses condoléances aux familles des victimes, ordonnant aux forces de l'ordre de mener une enquête "minutieuse" et de "trouver les coupables".

"Lorsqu'un chauffeur brûle un feu rouge, il faut qu'il se plie à une expertise psychiatrique", a même martelé Viktor Ianoukovitch, cité par Interfax, proposant aussi d'accroître la responsabilité pénale des chauffards.

Le gouvernement ukrainien a observé une minute de silence à la mémoire des morts et s'est engagé à prendre des mesures afin de sécuriser les passages à niveau dans le pays.

Le Premier ministre Mykola Azarov a ordonné, lors du conseil des ministres, de doter ces passages de gardiens ou de barrières automatiques. "Il ne faut pas faire d'économies lorsqu'il s'agit de vies humaines", a-t-il dit, selon des images diffusées à la télévision.

La circulation en Ukraine est souvent chaotique et les automobilistes, dont beaucoup roulent dans des véhicules vétustes, violent souvent le code de la route. En 2008, plus de 7000 Ukrainiens ont été tués dans les accidents de la circulation.


AFP

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