UE: risques de tensions entre les 27 à propos de l'immigration

Des Libyens arrivent à Lampedusa
Des Libyens arrivent à Lampedusa - © Filippo Monteforte (AFP)

Les 27 ministres européens en charge de ces dossiers se retrouvent pour une réunion qui risque d'être un peu tendue. L'Italie et la France ont, certes, décidé de lutter ensemble contre l'arrivée de réfugiés tunisiens, libyens et africains mais cet apaisement ne règle pas tous les problèmes.

23 000 personnes ont rejoint les côtes italiennes. Rome affirme ne plus pouvoir assumer la situation, les Italiens demandent aux autres Etats membres d'accueillir chez eux une partie de ces exilés, mais sans succès.

Depuis le mois de janvier, les Italiens le répètent : un petit groupe de pays du Sud ne peut pas faire face tout seul à l'arrivée de réfugiés qui n'ont qu'une seule idée, rejoindre la France, l'Allemagne, la Belgique ou la Grande-Bretagne. Les textes européens prévoient que le réfugié doit être pris en charge par le premier pays par lequel il est entré dans l'Union mais, la Commission le reconnaît elle-même, ce règlement doit être assoupli.

L'Italie a donc changé de ton. Elle a décidé de fournir aux réfugiés des documents de séjour leur permettant de circuler durant trois mois dans l'espace Schengen, une manière provocante d'impliquer tous les pays dans l'accueil de ces réfugiés. La France a déjà réagi en refermant quasiment sa frontière avec l'Italie, une disposition prévue par les textes européens mais sous certaines conditions.

L'Allemagne de son côté a accepté d'accueillir chez elle cent réfugiés arrivés non pas en Italie mais à Malte. Car la petite île est elle aussi une destination privilégiée par ceux qui traversent la Méditerranée. Une dizaine de pays accueillent depuis plusieurs années des petits groupes de réfugiés arrivés à Malte parce que plusieurs Etats membres estiment que oui, malte connaît un vrai souci quand des dizaines de milliers de réfugiés doivent être logés sur une petite île. En revanche disent certains, l'Italie et ses 60 millions d'habitants devrait pouvoir accueillir vingt-trois mille exilés.

La Commission ne peut pas faire autre chose que de lancer des appels à la solidarité, non pas comme un joli mot, disait la semaine dernière la commissaire, mais comme un engagement concret.

 

Anne Blanpain

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