UE/migration: les 28 à Tallinn pour apporter leur soutien à l'Italie

Les ministres de l'Intérieur de l'Union européenne seront réunis jeudi en Estonie, comme les drapeaux de l'Union européenne et de l'Estonie, le 29 juin 2017 à Tallinn
Les ministres de l'Intérieur de l'Union européenne seront réunis jeudi en Estonie, comme les drapeaux de l'Union européenne et de l'Estonie, le 29 juin 2017 à Tallinn - © Petras Malukas

Interpellés par l'Italie qui s'alarme des arrivées incessantes et massives de migrants sur ses côtes, les ministres de l'Intérieur de l'Union européenne réunis jeudi à Tallinn vont se pencher sur un "plan d'action" proposé en urgence par la Commission.

L'objectif est de "conclure qu'il y a une volonté et des moyens de soutenir l'Italie, d'aborder la question et de faire la différence en utilisant les mesures mises sur la table par la Commission", selon une source européenne.

La réunion, sous un format "informel", était prévue de longue date au calendrier de la nouvelle présidence tournante de l'UE, tenue par l'Estonie.

Mais l'urgence est là: mercredi, l'Italie a menacé de ne plus accepter l'entrée de ses ports aux bateaux étrangers transportant des migrants secourus en Méditerranée, poussant la Commission à l'exhorter de ne rien faire avant d'en avoir discuté avec les autres Etats membres et les ONG humanitaires.

Le Premier ministre italien Paolo Gentiloni a appelé ses partenaires européens à apporter une "contribution concrète" pour aider son pays, en première ligne pour recueillir ceux qui se lancent dans la dangereuse traversée de la Méditerranée.

Environ 100.000 migrants sont arrivés en Europe depuis janvier par cette voie, dont plus de 85.000 ont débarqué en Italie -- et 9.300 en Grèce --, selon les derniers chiffres de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Bruxelles a présenté, moins d'une semaine après le poing sur la table des Italiens, un "plan d'action" qui servira de base aux discussions des ministres européens jeudi matin.

C'est le premier point à l'ordre du jour d'une rencontre qui devait de toute façon aborder la question migratoire, qui reste un casse-tête pour l'UE.

"Code de conduite" des ONG

Selon une source européenne, la présidence estonienne espère trouver le soutien de ses 27 collègues sur "plus ou moins ce qui se trouve" dans le plan d'action de la Commission, alors même que l'Italie, "à la base, évoque beaucoup plus que ce qui se trouve dans le document".

Rome a en effet avancé des idées qui mettraient davantage à contribution le reste de l'UE, comme de répartir les migrants secourus auprès de ses voisins méditerranéens, ou d'accepter que le plan européen de répartition dans l'UE de demandeurs d'asile depuis l'Italie et la Grèce devienne moins restrictif. Ces "relocalisations" concernent actuellement essentiellement des Syriens et des Erythréens, mais les Irakiens ne sont par exemple plus éligibles.

La plupart des migrants ne sont pas des demandeurs d'asile mais des migrants économiques

Le problème de l'Italie, c'est que la plupart des migrants qu'elle recueille ne sont pas des demandeurs d'asile mais des migrants économiques, partis de Libye pour la quasi totalité d'entre eux, et en provenance principalement du Nigeria, du Bangladesh, de Guinée, de Côte d'Ivoire et de la Gambie.

Dans son plan d'action, la Commission propose de mieux coordonner les actions de sauvetage en Méditerranée avec les garde-côtes libyens -qu'elle souhaite mieux former et équiper à la faveur d'une aide de 46 millions d'euros- mais aussi avec les autorités égyptiennes et tunisiennes.

L'UE veut également améliorer significativement l'efficacité des "retours", à savoir le renvoi dans leur pays d'origine de ceux qui ne sont pas éligibles à une protection internationale.

Bruxelles a en outre renouvelé son appel à la "solidarité" des Etats membres.

Les promesses d'accueillir des migrants actuellement en Grèce et en Italie, en conformité avec les quotas fixés en septembre 2015, sont tenues au ralenti, voire ignorées par la Hongrie et la Pologne.

En préparation de la réunion de jeudi, l'Italie a par ailleurs rédigé une proposition de "code de conduite" pour les ONG qui affrètent des bateaux pour secourir les migrants, un code en 11 points transmis à la Commission et aux différentes délégations, a indiqué à l'AFP une source proche du ministère des Affaires intérieures italien.

En parallèle à la réunion de Tallinn, plusieurs ministres des Affaires étrangères européens et africains (de pays de transit et de provenance des migrants) se retrouvent à Rome, également sur le thème de la migration.

 

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