UE: les dirigeants des sept pays du sud de l'Europe appellent à l'unité face à Donald Trump

Les chefs d'Etat et de gouvernement des sept pays du contour méditerranéen à Lisbonne ce samedi 28 janvier
Les chefs d'Etat et de gouvernement des sept pays du contour méditerranéen à Lisbonne ce samedi 28 janvier - © FRANCISCO LEONG - AFP

Dans la perspective du sommet européen informel qui se tiendra à Malte à la fin de la semaine, les dirigeants des pays du sud de l’Union européenne se sont rencontrés ce week-end à Lisbonne. Pour ces sept pays - Portugal, Espagne, France, Italie, Malte, Chypre et Grèce -, c’était l’occasion d’accorder leurs violons, de défendre des priorités communes dans des dossiers comme l’économie, l’immigration et la sécurité de l’Europe. Mais une préoccupation supplémentaire est venue s’ajouter à l’ordre du jour : l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche. Ses premières décisions, teintées de protectionnisme, ont fait réagir les dirigeants européens réunis ce samedi à Lisbonne.

Les sept pays du contour méditerranéen n’ont pas mentionné explicitement le nouveau président américain dans leur communiqué final. Mais ils ont appelé à une Union européenne "forte et unie". En cœur, ils ont plaidé pour l'unité : "Dans un monde confronté à des incertitudes et une instabilité croissantes, nous serons plus forts en agissant ensemble". Ils demandent également que l’Union européenne réaffirme avec force ses "valeurs de liberté, de démocratie, de respect de la loi et de défense de tous les droits de l’homme".

Pour François Hollande, l'Union européenne doit répondre à Donald Trump

Réaffirmation des valeurs européennes, mais aucun propos menaçants à l'encontre du nouveau président américain. Les Etats-Unis restent en effet un partenaire stratégique des Européens. Le président François Hollande, qui représentait la France à ce sommet, a appelé à réagir aux déclarations ou décisions de Donald Trump : "Lorsqu'il y a des déclarations qui viennent du président des Etats-Unis sur l'Europe, lorsqu'il parle du Brexit comme modèle pour d'autres pays, je crois que nous devons lui répondre. Quand le président des Etats-Unis évoque le climat, pour dire qu'il n'est pas encore convaincu de l'utilité de cet accord [Accord de Paris sur le climat, ndlr], nous devons lui répondre. Quand il ajoute des mesures protectionnistes, qui pourraient déstabiliser les économies - pas seulement européennes mais les économies des principaux pays dans le monde -, nous devons lui répondre. Et quand il refuse l'arrivée de réfugiés alors que l'Europe a fait son devoir, nous devons lui répondre".

François Hollande a appelé les Européens à un dialogue ferme avec Donald Trump. Ses collègues présents à Lisbonne se sont montrés plus diplomates. L’Espagnol Mariano Rajoy a loué le mode de vie européen, porteur selon lui, de "bien-être, de civilisation et de droits humains". Pour le chef du gouvernement italien, Paolo Gentinoli, "réaffirmer les résultats et les valeurs européennes a du poids", mais il plaide pour que l’Europe trouve "les meilleures voies pour collaborer" avec l’administration américaine.

Plus de solidarité entre Européens dans l'accueil des réfugiés

Mais Donald Trump n'a pas monopolisé tous les débats à Lisbonne. Les sept pays du sud de l'Union européenne ont répété leurs demandes pour relancer la croissance, soutenir l'emploi, renforcer la sécurité, mieux contrôler les flux migratoire. Des demandes répétées parce qu'elles avaient déjà été exprimées en septembre, l'année dernière, lors d'un mi-sommet à Athènes.

Sur le plan économique, les sept souhaitent assouplir les règles budgétaires européennes, mais ils doivent faire face à l'orthodoxie imposée par l'Allemagne. Difficile d'imaginer des progrès dans ce domaine avant les élections allemandes de septembre.

Sur le plan migratoire, ils appellent à plus de solidarité entre Européens dans l'accueil des réfugiés. Et ce n'est pas gagné non plus. En revanche, par rapport à leurs demandes de septembre dernier, ils ont obtenu le lancement du corps européen de gardes-frontières et de gardes-côtes qui appuie les opérations de contrôle aux frontières extérieures de l'Union, et notamment en Méditerranée.

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