UE: le Parlement vote un texte interdisant le clonage animal à des fins alimentaires

UE: le Parlement vote un texte interdisant le clonage animal à des fins alimentaire
UE: le Parlement vote un texte interdisant le clonage animal à des fins alimentaire - © STEPHANIE DEMASURE - BELGA

Pas de clone dans nos assiettes. C'est le message fort que les députés européens ont fait passer cette semaine en votant une législation qui interdit le clonage d'animaux à des fins d'élevage et d'alimentation. Ce texte a reçu le soutien d'une large majorité des députés : 529 voix pour, 120 contre et 57 abstentions.

Les députés avaient le soutien des citoyens européens puisque 70% d'entre eux ne veulent pas que des animaux reproduits en laboratoire se retrouvent dans la chaine alimentaire que ce soit pour des raisons d'éthique, de confiance ou de bien être animal.

A priori, du bœuf ou du mouton clonés ne se sont jamais retrouvés dans notre alimentation. Mais, a priori seulement. Il y a quelques années, le scandale de la viande de cheval dans les lasagnes a démontré que le consommateur n'était pas toujours informé de ce que contenait son assiette.

Mais pour les animaux clonés, c'est un peu différent. Il existe dans l'Union européenne un règlement, appelé Novel Food, qui régit la commercialisation des nouveaux aliments et ingrédients alimentaires. Selon ce règlement, tout nouvel aliment doit faire l'objet d'une autorisation avant de se retrouver sur le marché européen. Et pour l'instant aucune entreprise n'a encore demandé d'autorisation d'utiliser de la viande issue d'animaux clonés.

Semence et embryons d'animaux clonés

Et, c'est valable aussi pour les produits importés, dans une certaine mesure en tout cas. Qu'elle soit clonée aux États-Unis, en Chine, ou en Europe, une brebis ne pourra pas être consommée dans l'Union européenne. Par contre, rien n'empêchait l'importation de matériel reproducteur d'animaux clonés : du sperme ou des embryons. Et donc, rien n'empêchait non plus leur descendance de se retrouver au final dans la chaine alimentaire.

Et c'est sur ce point que les eurodéputés ont voulu, entre autres, légiférer. Le texte voté au Parlement concerne aussi l'importation de produits issus d'animaux clonés. Il est prévu de mettre en place un système de certificats qui devraient garantir que les produits destinés au marché européen ne sont pas issus d'animaux clonés.

Si une grande majorité des consommateurs européens n'étaient pas très enthousiastes à voir ces animaux clonés arriver dans la chaine alimentaire, c'est aussi une autre raison qui a motivé cette décision eurodéputés : le bien être animal.

En effet, le taux de mortalité des descendants d'animaux clonés est très élevé. Ils souffrent par ailleurs de nombreuses anomalies. Et puis le taux de succès des clonages est tellement faible qu'il faut implanter plusieurs embryons clonés dans plusieurs mères de substitution pour obtenir un clone. L'autorité européenne de sécurité alimentaire, l'EFSA, l'a d'ailleurs souligné dans plusieurs rapports. Par contre, aucun risque sur la santé humaine n'a été démontré jusqu'à présent.

En votant ce texte, le Parlement européen est allé plus loin que ce proposait la Commission européenne. Plus loin aussi que ce que les 28 étaient prêts à concéder. Plusieurs États membres craignent que cette position dure n'ouvre une guerre commerciale avec les pays qui exportent leurs productions issues d'animaux clonés vers l'Europe.

Un face à face qui pourrait faire que ce texte ne débouche in fine sur rien du tout. En cas de désaccord persistant, la Commission européenne propose désormais de retirer les projets de législation litigieux.

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