Uber, un modèle contesté en Europe, mais qui fournit un salaire confortable à ses chauffeurs

L'application Uber en Espagne
L'application Uber en Espagne - © PAU BARRENA - AFP

Le modèle économique créé par la plate-forme américaine de transport privé suscite de plus en plus le courroux des taxis traditionnels. L’Uberisation fait peur.

Depuis vendredi, les taxis de Barcelone sont en grève illimitée. Leurs collègues madrilènes leur ont emboîté le pas ce lundi. Les taxis espagnols dénoncent la concurrence « déloyale » des VTC (les véhicules de transports concertés). C’est avant tout la plateforme américaine Uber qui est dans le collimateur des taximen espagnols.

L’exécutif catalan à la rescousse des chauffeurs traditionnels

Dévoilée vendredi, une nouvelle règlementation régionale en Catalogne oblige les usagers d’Uber à réserver au moins 15 minutes à l’avance. Mais les chauffeurs de taxi jugent ce délai insuffisant. Ils réclament une réservation avec 12 ou 24 heures d’avance.

La maire de Barcelone Ada Colau veut appliquer un délai d’une heure dans la capitale catalane.

La nouvelle règlementation catalane interdit aussi la géolocalisation pour les VTC, ce qui signifie que les usagers ne pourront plus trouver la voiture la plus proche grâce à l’application.

Pour l’association qui défend le secteur des VTC, ces mesures signeraient la fin d’Uber, et la destruction de 3.000 emplois en Catalogne.

Un porte-parole d’Uber a menacé de se retirer de Barcelone si l’administration catalane restreignait les activités des VTC.

10.523 taxis officiels opèrent à Barcelone, contre 2.134 VTC.

La guerre contre Uber s’étend en Europe

En 2017, la Cour de justice de l’Union Européenne a jugé qu’Uber était un service de transport qui devrait être soumis aux réglementations imposées aux taxis.

Les taxis espagnols ne sont pas les seuls à croiser le fer avec Uber. En Grande-Bretagne, le célèbre « cab » est détrôné par les taxis privés à une vitesse foudroyante. Au Royaume-Uni, sur les 281.000 véhicules de transport en circulation, 27% sont des taxis. Les 73% restants sont des privés, que ce soient les fameux mini-cab (Mr tout-le-monde qui joue au taxi à ses heures) ou des sociétés telles que Uber ou Addison Lee. Rien qu’à Londres, les licences de VTC ont quadruplé par rapport à celles des taxis traditionnels : 87.496 contre 20.678.

Le cerveau hypertrophié des taximen londoniens

Transport for London, qui octroie ou refuse les licences dans la capitale, est légalement tenu de délivrer un permis à toute personne satisfaisant aux critères. Récemment, les conducteurs de VTC ont du se soumettre à un test d’anglais. Ils doivent en outre passer un test médical, et avoir un casier judiciaire vierge. Mais les pilotes de VTC ne doivent pas passer le fameux examen pour démontrer une connaissance quasi encyclopédique du plan des rues de Londres. Une mémorisation qui demande jusqu’à 4 ans d’études pour les apprentis chauffeurs de taxi. Les taximen londoniens ont, parait-il, un cerveau hypertrophié par rapport au commun des mortels.

En Allemagne, Uber n’existe plus qu’à Munich et Berlin

Depuis 2015, le service UberPOP est interdit en Allemagne. Ce service permettait à n’importe qui d’utiliser son véhicule privé pour faire le taxi. Désormais, Uber n’opére plus que par l’intermédiaire de chauffeurs professionnels, et seulement à Berlin et Munich. Ces chauffeurs doivent disposer d’une licence, et d’une concession de taxi règlementée par les Länder.

En Italie, des limousines limitées à Milan et à Rome

En Italie, Uber n’est présent qu’à Milan et à Rome. Les procès se sont succédés devant les tribunaux italiens. Les taxis sont partis en grève. Résultat, le service UberPOP est bloqué depuis 2015. Depuis lors, Uber ne travaille plus qu’avec ses limousines, des véhicules haut de gamme avec chauffeur professionnel.

Uber interdit en Hongrie et en Turquie

En 2016, le Parlement hongrois a autorisé le blocage d’applications de transport entre particuliers. Du coup, Uber a décidé de quitter la Hongrie, où la plateforme avait 1.200 chauffeurs et 150.000 clients. Le Premier ministre Victor Orban veille personnellement à ce que cette appli soit interdite. La Hongrie est ainsi devenue le premier pays européen où Uber a cessé ses activités.

Peu de temps après, le président turc Recep Erdogan lui a emboité le pas, en bannissant la plate-forme privée de la Turquie.

Uber dévoile les revenus de ses chauffeurs

Uber a révélé aujourd’hui que les revenus de ses chauffeurs s’élevaient à 9,15 euros nets de l’heure en France. Ce résultat est le produit d’une estimation d’Uber, à partir du temps passé en ligne par les chauffeurs qui utilisent l’application.

Le chiffre d’affaires moyen horaire s’élève à 24,81 euros bruts. De cette somme doivent être déduits la commission due à Uber (25%), la TVA et les cotisations sociales. Il reste donc dans la poche du chauffeur 9,15 euros nets. A titre de comparaison, le salaire horaire minimum en France est légèrement en-dessous de 8 euros nets.

Rapporté au mois, le revenu net mensuel d’un chauffeur s’élève donc à 1.617 euros, selon la plateforme, sur une hypothèse de 45,3 heures de connexion hebdomadaire à l’application.

Grande action contre les VTC dans la péninsule ibérique, hier (JT 19h30)

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