Twitter: Mitt Romney accusé de s'acheter des milliers de faux "followers"

Twitter: Mitt Romney accusé de s'acheter des milliers de faux "followers"
Twitter: Mitt Romney accusé de s'acheter des milliers de faux "followers" - © Twitter

Le candidat républicain à la présidence des Etats-Unis est accusé d'avoir eu recours à des achats massifs de "followers" (des personnes qui suivent votre compte) sur Twitter pour gonfler artificiellement son importance sur ce réseau social.

Sur le réseau social Twitter, votre influence se mesure au nombre de "followers" (littéralement des "suiveurs"), ces utilisateurs qui s’abonnent à votre compte pour recevoir les messages que vous publiez.

Depuis qu’il s’était inscrit sur le réseau aux gazouillis, Mitt Romney, le candidat républicain à l’élection présidentielle, enregistrait entre 3000 et 4000 nouveaux followers chaque jour selon un site spécialisé dans les statistiques liées au réseau social.

Mais samedi dernier, le compte de l’ex-gouverneur du Massachussetts engrange soudainement 93 000 nouveaux followers. Alors, comment expliquer cette soudaine ruée alors qu’aucun évènement lié à la campagne américaine, ni aucune déclaration particulièrement importante n’a été faite ce jour-là.

95 dollars pour 100 000 faux followers

Tout porte à croire qu’il s’agit de faux comptes créés par des entreprises spécialisées. Ces dernières proposent aux utilisateurs de monnayer leur nombre de followers. On peut ainsi s’acheter 100 000 suiveurs pour 94,99$ par exemple. De quoi considérablement gonfler son influence et son importance sur le réseau à peu de frais. Le subterfuge consiste à lancer des "bot " (robots informatiques) qui vont s’atteler à faire grimper votre nombre de followers.

De nombreux élément l’indiquent clairement, le compte de Mitt Romney aurait bien été grossi artificiellement : le fait que de nombreux comptes aient exactement la même photo de profil, que ces comptes ne publient que très peu de messages et n’aient eux-mêmes que peu ou pas de suiveurs, ou encore le constat selon lequel il n’y a pas eu d’augmentation du nombre de messages sur le compte de Mitt Romney, etc.

Cette pratique a évidemment été dénoncée par les utilisateurs du réseau eux-mêmes. Sous le "hashtag" (un mot-clef précédé d’un dièse sur Twitter) #MoreFakeMitt (littéralement "plus de faux Mitt"), les messages de dénonciation et autres traits d’humour ont foisonné.

Appel à suspendre le candidat du réseau social

Un appel a même été lancé pour que Mitt Romney soit suspendu de Twitter pour violations des règles d’utilisation.

L’utilisatrice Suzanne Williams partage une image où l’on voit que six followers différents de Mitt Romney utilisent tous la même photo, ce qu’elle trouve "hilarant".

Matt Binder, un autre utilisateur prend ironiquement la défense du candidat républicain en affirmant que "ce n’est pas Mitt Romney qui achète de faux followers. Ce sont juste les robots qui suivent le candidat avec lequel ils ont le plus de choses en commun".

Todd Mecklem annonce lui que "des informations troublantes font état du fait que Mitt Romney dispose de millions de suiveurs Twitter cachés en Suisse et aux îles Cayman". Une allusion teintée d'humour aux accusations portées contre le candidat millionnaire de posséder plusieurs comptes dans des paradis fiscaux.

Julien Vlassenbroek avec Le Monde.fr et 140elect.com

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